‹ La jeune Belgique [microform]Chapitre 142 sur 215 · HYMNE A LA MER · texte numérisé non relu

HYMNE A LA MER

Tadore ta rumeur^ apaisée ou sauvage :

Soit que, par tes jours purs de miroir interni, La houle que tu viens dérouler sur la plage Expire en répandant une odeur d'infini.

Soit que, les crins tordus et la croupe mouvante, L escadron glauque et noir de tes flots hennissants, S'éperonnant Vun Vautre et cabrés d'épouvante. Use le dur granit des rocs retentissants;

Je t'adore, crachant ton écume et ta haine.

Ou balançant tes eaux sous un ciel éclatant, Mer qui répond au cri de la tristesse humaine Par l'immortelle voix du monde sanglotant!

Par delà, je le sais, l'azur et les nuages.

Dans le vide infini, dans le gouffre du ciel. Jamais sons de nos cœurs, jamais chants de tes plages N'ont fêlé le cristal du silence éternel :

L'a:(ur est le carreau du vide infranchissable; Tout bruit d'en bas se brise à ce plafond moqueur. Mais, enfle et hausse, ô mer, ton râle formidable! Et pousse un cri sans fin comme ceux de mon cœur !

Un effroyable cri, pantelant de souffrance.

Qui, d'un coup de tonnerre ébranlant le ciel bleu. Roule de ciel en ciel dans FEmpyrée immense Vers cet écho lointain que l'homme appelle Dieu!

O mer! Prête ta voix à nos clameurs trop frêles!! Mourrons-nous dans l'horreur de la captivité. Insectes qui froissons nos misérables ailes Aux vitres de F Eternité^

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