‹ La jeune Belgique [microform]Chapitre 15 sur 215 · L'APOTRE · texte numérisé non relu

L'APOTRE

Cest le cœur d'un héros qui bat sous cette bure! Fort de sa foi, riche d'amour et de pardons, Vapôtre part... Au loin, pensifs, nous regardons Sombrer dans l'inconnu sa robe blanche et pure.

Il est à l'œuvre : à lui les faibles, les captifs l Leur gerbe emplit sa main — divine moissonneuse. Il s'avance, versant son âme lumineuse Dans rame sans rayons des peuples primitifs.

Puis il s'endort, lassé, dans la jungle sauvage. Rêvant du sol natal sur un sol d'esclavage :

Mirage d'exilé sous un climat de feu !

Mais dès l'aube il reprend, ardent, Vœuvre accablante :

Car, avec le soleil, sur V Afrique sanglante.

Son œil voit poindre au loin la gloire de son Dieu.

Ch. Descamps

La Mort du basileus Nicéphore.

Xe SIÈCLE BYZANTIN

La veilleuse bleuâtre à flamme de phosphore Baigne le plafond d'or de reflets amicaux ; Au son doux et lointain d instruments musicaux Le sommeil a gagné le pieux roi Nicéphore.

Sa jeune épouse, aux flancs arrondis en amphore,

Sous le regard divin de la Theotokos

S'assoupit, et la mer déferle en sourds échos

Au pied du mur qui plonge aux flots noirs du Bosphore.

O Prince! Le rayon caressant qui glissa

Entre les cils frangés de la Basilissa

Fond les soupçons quun cœur trop amoureux se forge!

Tu dors donc, enlacé d'un tiède et sûr collier,..

Et la reine aux yeux clos sent battre dans sa gorge

Les pas des assassins qui montent r escalier.

Maurice Cartiiyvei,s

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