L'ASILE INDIFFÉRENT
Ma sœur! pourquoi cacher tes tristesses secrètes En ces lieux où jamais nos bonheurs n'ont fleuri f Il s'ouvrait pour ton deuil de plus douces retraites.
Des bois indifférents te sont iin morne abri;
Tu rCy dors pas aux chœurs des âmes familières
Dont se peuple un éden où Pamour a souri.
Le calme sans échos de leurs nuits sans lumières
Ne répercute point tharmonieux appel
De nos baisers discrets, de nos paroles fières.
Ces forêts ri ont pour toi qriun silence éternel :
Que f importe, 6 ma sœur! le bruit de leurs feuillages,
SU ne redit jamais notre amour immortel !
Ton rêye, en leurs sentiers, cherche en pain les sillages Que laisse un couple heureux où sa joie a passé; Le bonheur les priva de ses chers témoignages...
Te voici loin du parc où tu m'as enlacé.
Triste enfant l dont ne peut s'endormir la souffrance
Qu'aux voix où revivrait la voix du fiancé.
Et là, ton abandon ne sent qu'indifférence l Tu rijr rencontres pas les Souvenirs songeurs Que suit en souriant la sereine Espérance.
D'autres ont accueilli ces divins voyageurs, Dont la seule présence enchanta leurs asiles Et bannit de leurs seuils les soucis affligeurs.
Mais aux jardins muets dans lesquels tu f exiles, Nul chant des Jours enfuis ne berce ton repos; Et les fleurs de mémoire embaument d'autres îles.
Ton ombre est sans lumière et ta paix sans échos.
Franz ansel
Août 1895.