L'OGRESSE
Les secrètes rougeurs de ta perversité Colorent le pollen de ta joue amoureuse Le désir d'une chair émue et langoureuse^ Paillette tes yeux gris d'un phosphore aimanté.
Un appétit bi^arre^ un goût de cruauté Font trembler les plis secs de ta lèvre fiévreuse, Dans ta paume crispée et que ton ongle creuse Afflue à coups nerveux ton sang précipité.
Un rêve de baisers mouille la bouche humide
Du frêle adolescent souriant et timide.
Mais ton torse vers lui darde ses seins aigus.
Ta langue entre ses dents glisse comme une lame.
Et rose, convulsé de spasmes ambigus,
Le corps de T enfant ploie ainsi qu'un corps de femme.
Francis de Croisset
Octobre 95.
VERS