AU MOULIN
Planté droit au bord du chemin, Le moulin chante à sa manière :
Tic!.,, tac! Et, la .main dans la main, S'embrassent meunier et meunière.
Et le tic tac de leurs baisers Se mêle aux battements des roues ; /ci, tombent les flots brisés; Là-bas, les baisers sur les joues.
Le poids des folâtres ruisseaux Fait tourner les meules en fêtes.
Pendant qu'auprès des claires eaux Les baisers font tourner les têtes.
Et les amants, toujours plus fous, Ont des caresses plus troublantes...
Mais les ruisseaux, un peu jaloux, Disent des choses plus galantes. ,
Si bien que, lorsque vient la nuit.
Les flots berçant lame des meules.
Tendrement, s'éteint leur doux bruit.,.
Et les voix d'amants restent seules.
Charles Viane