REVERIE
Vois ce site enchanté, c'est notre propre rêve.
La fraîche nuit descend; la lune qui se lève
Dans le parc, à travers les tilleuls argentés.
Sème sur les ga:^ons ses flocons de clartés
Qui tremblent dans le gel scintillant de la mousse.
C'est la lumière du silence, l'heure douce
Aux cœurs mystérieux que la vie affligea
Laissons le songe errer; hâtons-nous, car déjà
Le jonc léger bruit sur l'étang qui s'irise.
Le bocage gazouille aux rires de la brise
Et, comme des esprits moqueurs, subtils et fous.
L'ombre des feuilles glisse et danse autour de nous.