‹ La jeune Belgique [microform]Chapitre 188 sur 215 · TAPIS DE SALON · texte numérisé non relu

TAPIS DE SALON

Lorsquaux poils somptueux des fauves, tu câlines Tes flancs de velours pâle et tes membres ongles. Le bâillement sanglant des mufles dentelés S'allonge en souriant sous tes lèvres félines;

Et je compte, pleurant mes grandeurs orphelines. Tous mes rêves de gloire et d^ amour écroulés Sous ces lèvres aux bords si finement ourlés Qui sucent les cerveaux ainsi que des pralines.

Quelle odeur de fourrure exhale ton corps blondi Je prendrai quelque jour pour tapis de salon Ton dos déshabillé des voiles de batiste :

Ta tête, ô Salomél vengera Jean-Baptiste l Et tes dents ouvriront leurs reflets a:[urés Dans le miroir sans fond de mes parquets cirés.

Maurice Cartuyvels

VERS

sous LES PEUPLIERS

Avec des fraîcheurs de brise marine Le vent se jouait dans tes cheveux noirs.

Apportant vers nous lodeur des beaux soirs.

Qui faisait frémir ta rose narine.

Le front appuyé contre ta poitrine.

Je m'alanguissais en des nonchaloirs Oii tes seins m'étaient de mois reposoirs Jonchés de baisers — flore purpurine!

Tes bras à mon corps demeuraient liés, Tandis que chantait la brise éolienne...

De ces soirs d'amour sous les peupliers

Où ta jeune ardeur surpassait la mienne.

Ah! pourquoi faut-il que je me souvienne.

Puisque tu les as toi-même oubliés!

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