L'AME EN EXIL
A Louis Dblattre PRÉLUDE
Ce sont les choses d* autrefois Dont la tristesse puérile Pleure dans les petites voix De cette ville où je m'exile.
Que mon âme d'enfant songeur Très doucement a chuchotées.
Craignant le charme ensorceleur Des claires îles enchantées.
Car pourquoi rêver au soleil Quand la frêle ville qu'on aime S'endort de son dernier sommeil Et pourquoi rêver à soi-même?
Les cloches dont le frisselis Effleure à peine le silence Et le divin jardin des Lys, Où l'on se souvient de Venfance,
Les madones des carrefours
Et les béguines en prières,
Veau qui sanglote au pied des tours
Quargentent les vagues lumières
Des vieilles, dont les doigts perclus
Filent la laine des années
En offrant à Venfant Jésus
Les fleurs de leurs amours fanées ,
Toutes ces choses que recèle Une calme cité du soir, Comme une pauvre âme fidèle Que berce encore un peu d'espoir.
Doucement je les ai chantées.
Craignant le charme ensorceleur Des claires îles enchantées Où m'a parfois mené mon cœur.