FUNÉRAILLES BLANCHES
La cloche a tinté son glas mortuaire :
Le cœur envahi d'un chagrin nouveau.
Nous allons porter â son froid caveau Notre amour vêtu dun pâle suaire.
Il ne viendra point foule au sanctuaire :
Notre amour était trop pur et trop beau.
Pour qu'un vil cortège aille à son tombeau Et souille en passant ce chaste ossuaire!
Seuls, d humbles enfants suivront le cercueil; Tandis que, parés de blanc pour tout deuil, Les prêtres diront une messe dange :
Car ce doux amour ne sut point pécher :
Il naquit avec les fleurs du pêcher.
Et mourut sans tache avant la vendange.