‹ La jeune Belgique [microform]Chapitre 191 sur 215 · LA MER DÉCEVANTE · texte numérisé non relu

LA MER DÉCEVANTE

Lorsqu'à nos pieds la mer se rit ou se lamente Sur les rocs ténébreux ou sur le sable cTor, Elle a des voix de sœur et des langueurs d!' amante; Mais ramante et la sœur sont moins douces encor.

O mer mélodieuse^ ô mer calme et sereine!

Toi dont le fier langage a consolé toujours Les simples qui venaieut te confier leur peine. Apporte-moi V oubli des fragiles amours!

Apporte-moi foubli qui repose et soulage,

V oubli des vains bonheurs, V oubli des maux soufferts!.

Mélancolique et seul, fai cherché sur la plage

Le sommeil que l'on trouve en tes vastes concerts.

Mais ce tendre murmure exhalé par tes vagues Réveille ma souffrance au lieu de l'endormir : Je crois presser encor des doigts cerclés de bagues, Et sentir dans mes bras un buste aimé frémir.

Des cheveux parfumés roulent sur mon épaule.

Ou de leur noir bandeau couronnent mon front blanc;

D'une invisible main la caresse me frôle,

Et me voici, d'amour, tout pâle et tout tremblant!

Je défaille à demi sous des senteurs perverses, J'entends autour de moi comme un vol de baisers... O mer, tu m'as trahi! les chants dont tu me berces Raillent ma foi déçue et mes espoir brisés.

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