HYMNE A VENUS
Vénus, aimable sœur des belles concubines.
Toi qui sèmes lamour au cœur des débauchés.
Je t'offre en souriant mes lèvres orphelines Tout humides des pleurs de mes jeunes péchés !
Si ma chair sait le mal, mon cœur est vierge encore. Le vent fou des baisers ne la pas effleuré. Et les femmes ployant ma beauté qui s ignore Ont devant mes yeux clairs et froids souvent pleuré.
Car c'est pour toi, Vénus, que ma candeur s accouple Au vol bruyant et vif de mes désirs siffleurs; Dans mon âme vibrant sous mon corps svelte et souple Dorment mes souvenirs brillants comme des fleurs.
Ton corps est macéré dans V encens erotique Que brûlèrent pour toi les hommes et les dieux. Et des vagues d'amour au reflet magnétique Déroulent leur phosphore en la mer de tesjreux.
Veux-tu que sur ma flûte à doubles trous, je chante Un air simple et nàif bien connu des bergers^ On dit que sa saveur héroïque et touchante Trouble au fond des forêts les satyres légers.
La mousse des ruisseaux a des éclats de rire Moins jeunes, moins brillants et moins doux à la fois Que ce chant qui s'élève, ondule, rampe^ expire. En retombant brisé sur lui-même et sans voix.
Mon corps mince et savant a des membres agiles. Mes yeux bleus sont luisants de désir, et mon sang Dans mes veines se presse en battements fébriles l Prends sur tes seins aigus mon corps adolescent.
Du talon à la nuque un frisson d'allégresse Fera vibrer mes nerfs tendus sous ton baiser; Et quand je faiblirai sous ta longue caresse Tu verras dans mes yeux mon cœur agoniser!