REVE EPIQUE
// a rêvé la gloire, et tout jeune il a vu Dans la splendeur des soirs d'éblouissants cortèges Suivre son fier cheval galopant sur les neiges D^un nuage brillant sur le ciel noir tendu.
Il écoutait claquer avec un bruit de guerre Les chiffons balancés des antiques drapeaux.
Et les peuples vaincus^ symboliques troupeaux. Se traînaient en courbant leur haine vers la terre.
Il humait dans le vent une odeur de bravoure. Son sang fougueux chantait et les cuivres sonnants Excitaient sa fureur guerrière, qui savoure Le tumulte des chars et des tambours tonnants.
Roi des hommes et prince enivré de la nue, .
Du grand ciel pavoisé se sentant le vainqueur, Il galopait, sauvage, à travers létendue.
Des souffles d'infini faisaient bondir son cœur.
Les nuages croulaient pareils à des désastres ; Sous son front se dressait ce désir triomphal : Prendre pour étendard et pour armoriai, V espace bleu chargé de l'or rouge des astres.