LE MARTYR
Lié brutalement au tronc noir d'un vieil arbre
Et laissant le sang frais rougir ses membres blancs,
Le fier jeune homme, nu, beau comme un dieu de marbre^
Aux flèches des bourreaux offre ses jeunes flancs.
.7^4(-'r •. ■:'^-;:'aw^
Mais leurs regards troublés craignent son regard tendre Et le rayonnement de sa chaste beauté Et, tremblants, ils voudriaent fuir plutôt que d^entendre Sa caressante voix braver leur cruauté :
« Pourquoi me frappez-vous ? Ma vie est innocente « Mon cœur adolescent nest gonflé que d'amour ; « Mon esprit pur et doux et ma chair frémissante
Ne cherchaient qu'à fleurir à la grâce du jour.
« Ne baisses^ point les yeux l Vous m'aime:[; je vous aime. « Mon sang coule et pourtant jai cessé de souffrir : « // inonde ma chair d'un bien-être suprême
1 Et je sens tout mon cœur se fondre et défaillir.
a Que le ciel est brillant! Que la terre est splendide! a Quels parfums caressants voltigent dans les airs! a La brise fait vibrer une clarté candide ; « La lumière ruisselle et dissout l'univers.
tt Le monde entier nest plus qu'une aveuglante flamme. « Elle brûle mes yeux y ivres de volupté, € Elle coule en mon corps... elle envahit mon âme,.. « O Mort!... suprême extase. . éternelle clarté!...
IWAN GlLKIN