‹ La jeune Belgique [microform]Chapitre 210 sur 215 · LE MARTYR · texte numérisé non relu

LE MARTYR

Lié brutalement au tronc noir d'un vieil arbre

Et laissant le sang frais rougir ses membres blancs,

Le fier jeune homme, nu, beau comme un dieu de marbre^

Aux flèches des bourreaux offre ses jeunes flancs.

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Mais leurs regards troublés craignent son regard tendre Et le rayonnement de sa chaste beauté Et, tremblants, ils voudriaent fuir plutôt que d^entendre Sa caressante voix braver leur cruauté :

« Pourquoi me frappez-vous ? Ma vie est innocente « Mon cœur adolescent nest gonflé que d'amour ; « Mon esprit pur et doux et ma chair frémissante

Ne cherchaient qu'à fleurir à la grâce du jour.

« Ne baisses^ point les yeux l Vous m'aime:[; je vous aime. « Mon sang coule et pourtant jai cessé de souffrir : « // inonde ma chair d'un bien-être suprême

1 Et je sens tout mon cœur se fondre et défaillir.

a Que le ciel est brillant! Que la terre est splendide! a Quels parfums caressants voltigent dans les airs! a La brise fait vibrer une clarté candide ; « La lumière ruisselle et dissout l'univers.

tt Le monde entier nest plus qu'une aveuglante flamme. « Elle brûle mes yeux y ivres de volupté, € Elle coule en mon corps... elle envahit mon âme,.. « O Mort!... suprême extase. . éternelle clarté!...

IWAN GlLKIN

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