LE JOUR
Une lueur frémit, la lumière bruine;
Et soudain, au sommet nacré de la colline
Paraît un enfant nu sur le ciel argenté :
Son corps éblouissant est né de la clarté,
V aurore resplendit sur son divin visage;
Et voici que sous lui le lointain paysage
S^ éclaire peu à peu de son sourire d'or.
Sur le pic surplombant la plaine il s'avance ; or,
Ayant puisé des fleurs dans ses fraîches corbeilles
Il lance dans l'azur des corolles vermeilles
Qui, par Vair frais et bleu, frémissants tourbillons,
Voltigent dans la brise en neigeux papillons;
Et comme une ombre mauve allonge encore son geste.
Là-haut, sur le rocher, le bel enfant céleste
Dont les yeux sont d'amour et les lèvres de miel.
Semble de lys rosés ensemencer le ciel.