‹ La jeune Belgique [microform]Chapitre 60 sur 215 · LE DIEU NOIR · texte numérisé non relu

LE DIEU NOIR

A IWAN GlLKIN

Le sol est âpre et nu : ni ronces^ ni viornes. Vhori\on fuit^ mêlant la cendre au mâchefer; Seul, un bloc de granit calciné par t enfer Assigne, tout à coup, à la terre ses bornes.

Sur le sommet, grandi par Fombre, les yeux mornes Et le front ténébreux, sur son trône de fer.

Courbé sous sa pensée, est assis Lucifer, Fatal, énorme et noir, un cierge entre les cornes.

Dans la plaine, aux lueurs des torches, se débat.

Ivre là-bas, torgie infâme du sabbat.

Mais grave, Lui, le Dieu maudit au pied de chèvre.

Dans Fennui méprisant de son éternité.

Rêve, immobile, un doigt appuyé sur la lèvre. En regardant grouiller la vaine humanité.

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