‹ La jeune Belgique [microform]Chapitre 64 sur 215 · VANITE · texte numérisé non relu

VANITE

Hâte-toi, car le temps est court; allons, travaille Tends la toile, polis le marbre, fonds V airain ; Fais résonner la lyre ou façonne un quatrain. Et redresse le front, heureux de ta trouvaille.

Tu sais que tout s'écroule et quil nest rien qui vaille Le pérennel éclat de ton art souverain; Prends fessence de l'être et d'un esprit serein Fixe-la, sans savoir que la foule te raille»

Pense à demain pourtant. Qu'importe un siècle ou deux; Rien nexiste vraiment. Artiste vaniteux.

Déjà le dernier jour de la Terre se lève.

Demande aux astres morts leur secret redouté.

Ton œuvre est vain; et toi-même, tu nés quun rêve

Dun Dieu qui' songe au fond de son éternité.

Valère Gille

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