CONSOLATIONS DE LUNE
Et voyant se pencher ce pâle et doux visage Affectueusement sur le grand paysage Je lui disais :
O toi, rendez-vous vaporeux, Le rendez-vous des yeux séparés d'amoureux : Ile du souvenir dans la mer des nuées Où les âmes d'amants qui sont exténuées Se rejoignent de loin dans le soir qui s'endort; Lune qui réunis comme une cage d'or Les regards éloignés d'un couple qui se pleure Et qui le fais en toi se retrouver une heure, Toi, la blanche Immortelle, oh ! dis-moi donc combien Ma vierge absente souffre à te regarder bien ! Dis-moi qu'elle est aussi, pleurante, à sa fenêtre ; Dis-moi qu'elle m'appelle aussi ; fais-moi connaître Tout ce que dans le ciel fait monter son émoi ; Dis-moi qu'elle est encore à te parler de moi En déroulant là-bas ses tresses parfumées
Mais la Lune a gardé ses lèvres d'or fermées.