‹ La jeunesse blancheChapitre 67 sur 72 · SOLITUDE · texte numérisé non relu

SOLITUDE

JL AUT-iL fixer toujours ses yeux mélancoliques Tel qu'un prêtre pensif — sur les choses de l'Art, Tel qu'un prêtre qui reste agenouillé très tard Dans son église froide, à veiller des reliques?

Faut-il laisser fleurir les fleurs dans son jardin Pour conquérir la gloire à travers les risées ; Faut-il laisser passer l'Amour sous ses croisées Et perdre un bien réel pour un rêve incertain ?

Faut-il se murer vif et s'empêcher de vivre ? Et, comme en une forge en feu, faut-il verser Tous les métaux de l'âme au creuset de son livre ?

— Vis seul. C'est un temps dur d'épreuve à traverser,

Mais fais ce sacrifice à ta sublime envie :

Pour vivre après ta mort, sois donc mort dans la vie !

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