‹ La jeunesse blancheChapitre 66 sur 72 · ART PUR · texte numérisé non relu

ART PUR

CsT-iL vrai que le Vers doive vêtir l'armure

Et, quittant le manoir où son orgueil le mure,

Doive, tel qu'un soldat amoureux des clairons,

Marcher dans la bataille humaine, entrer en lutte.

Et, laissant aux loisirs du camp les airs de flûte,

Faire sonner au vent, comme des éperons,

Les rimes d'or sur le pavé des strophes fières ?

— Non ! le Vers doit pleurer, escorter les civières

Où les corps sont pareils à des lis teints de sang.

Il faut que pacifique, humble, compatissant,

Il aille, dédaignant la bataille futile.

Mais prenant en pitié les faibles qu'on mutile

Et ceux qui sont rompus d'avoir longtemps lutté,

Le Vers, avec des airs de Sœur de Charité,

Leur portera le soir, par la plaine assoupie.

Des mots doux, des mots blancs, comme de la charpie I

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