‹ La jeunesse comedie en cinq actes et en versChapitre 77 sur 88 · H2 LA JEUNESSE · texte numérisé non relu

H2 LA JEUNESSE

Qu’il vit d’oisiveté tout comme un grand seigneur!

HUBERT

Non, madame; mais moi, je passe mes journées A la fraîche senteur des terres retournées ;

Aux prochaines moissons travaillant avec Dieu,

Des puissances d’en bas je m’inquiète peu:

Toute servilité de ma vie est exclue,

Et mes blés mûriront sans que je les salue.

Comment le temps charmé passe-t-il ? Je ne saisi Ma journée est trop courte à tout ce que je fais.

Je rapporte à ma femme heureuse et souriante La fatigue des champs saine et fortifiante,

Et riche le malin , le soir plus riche encor,

Sur mon frais oreiller j’admire mon trésor.

MATHILDE, à madame Huguot.

Que réponds- tu ?

MADAME HUGUET

Mon Dieu, vous me troublez la tète.

A ces discussions, moi, je ne suis pas prête.

MATHILDE

Tu cherchais une issue à l’enfer de Paris;

On t’en montre une et c’est la seule.

MADAME HUGUET

A ton avis.

HUBERT

N’en doutez pas, madame, et qu’un jour cette issue De tous les bons esprits ne doive être aperçue. Montrons -en le chemin à ce siècle emporté :

C’est là qu’est le salut de la société.

' Rcttez en honneur le soc de la charrue,

Page 1