ACTE V
Repeuplez la campagne aux dépens de la rue ;
Grevez d’impôts la ville et dégrevez les champs,
Ayez moins de bourgeois et plus de paysans;
Alors...
MATIHLDK.
De nos moutons c’est assez nous distraire,
O grand législateur! — Revenons à mon frère.
A madame Huguct.
Voyons : pour lui donner la femme de son choix,
Te contenterais- tu , ma mère, pour vous trois De dix -huit mille francs de rente à la campagne?
MADAME HUGCET.
Si c’est, comme tu dis, un pays de cocagne...'
MATHILDE
C’est comme je le dis. — Vous avez entre vous Deux cent mille francs ?
MADAME H U G U ET
Oui.
' MATII II. DF,, à Habert.
Porte les derniers coups.
HUBERT
La terre des Cormiers qui touche à mon domaine Est à vendre à ce prix depuis une semaine.
On-en trouverait plus pour peu qu’on attendit,
Mais le propriétaire est à bout de crédit ;
Il lui faut de l’argent comptant. C’est une affaire Superbe, un marché d’or: consentez à le faire.
MADAME HUGUET
Mais...
MATHILDE
Cyprienne meurt de chagrin sous tes yeux , lit crois-tu que là-bas Philippe soit joyeux?
MADAME HUGUET, à HuMrt.
Eh bien, écrivez-lui, mon ami; qu’il prononco
HUBERT
C’est fait depuis deux jours et j’attends sa réponso
MADAME II U GUET
Quoi! sans me consulter?
nUBERT.
Oui. — Voici le facteur.
Entre le piéton do la posto*
Bonjour. Je dois avoir une lettre.
LE PIETON, ouvrant sa botte.
Oui, monsieur.
Port franc.. Salut messieurs, mesdames, compagnie.
Il traverse la scène et sort.
HUBERT , ouvre vivement la lottre, la lit et La froisso.
Tonnerre!
BIATIIILDE.
Qu’est -ce donc?
HUBERT
C’est son mauvais génie!
A Mathilde*
Tiens, Iis.
A madame Huguet.
Il n’a reçu ma lettre que trop tard.
Il avait déjà fait un appel au hasard.