‹ La jeunesse d'Elisabeth d'AngleterreChapitre 104 sur 133 · Journal de Machin, p. 94. Strype, t. III, p · texte numérisé non relu

Journal de Machin, p. 94. Strype, t. III, p

3. Noailles à la reine d'Ecosse, 9 septembre 1555. Vertot, t. Y, p. 126.

4. Giov. Michieli au doge, Londres, 21 octobre 1555. Friedmann, p. 137.

gnols essayèrent de mener près d'Elisabeth une intrigue matrimoniale assez singulière. Don Diègue Dagenede, le principal des nobles que Philippe avait laissés en Angleterre, entama des négociations secrètes avec cette princesse pour la marier à doa Garlos, fils de Philippe. Don Carlos avait dix ans, Elisabeth vingt-deux. Mais au xvi« siècle, dans ces sortes d*arrangements, purement politiques, on s^inquiétait peu des différences d'âge, même criantes ; chaque jour, accompagné de quelques autres Castillans, il visitait Elisabeth, assiduité d'autant plus frap* pante que nul n'osait se présenter chez elle sans l'autorisation expresse de la souveraine ; et il avait chez lui, dans sa chambre, les portraits des futurs fiancés ^ Probablement Elisabeth, selon son habitude, les entretint de bonnes paroles et ne dit ni oui ni non. Avec une situation précaire comme la sienne, sa grande préoccupation était de ne pas se faire d'ennemis et d'acquérir des protecteurs. Il parait que le propos n'en était pas encore éteint au printemps suivant, puisque Giov. Michieli informait alors la seigneurie de Venise que la reine voulait envoyer Elisabeth hors du royaume, et que celle-ci déclarait nettement ne pas vouloir se marier, lui donnât-on le fils du roi ou quelque autre plus grand prince ^. Ceci, nous semble-t-il, continue de démontrer que l'on a prêté sans fondement à Philippe le projet de se réserver en cas de veuvage la main de sa belle-sœur. Surtout, n'en croyons pas Elisabeth. Peu délicate sur la coquetterie, elle se figura ou voulut se figurer qu'il était amoureux d'elle ; et, par la suite, elle affecta d'en tirer gloire *. Sans doute la meil-

Michieli ral&rme de nouveau dans une lettre du !«' décembre 1556. Noailles semble moins absolu : il dit, en parlant du même moment, que nul à la cour, même le cardinal Pôle, n'avait jamais vu ou délibéré de voir Elisabeth « sans l'expresse requeste de la royne sa sœur ». Lettre au roi, 24 septembre 1555. Arch. aff, étr,, t. I-II, p. 994. En novembre 1558, Elisabeth s'en plaindra amèrement au comte de Feria.

1. Noailles au roi, 24 septembre 1555. Arch. aff, étr., ambassades de M. de Noailles, t. MI, p. 993, 994.

2. 28 avril 1556. Friedmann, p. 207. Gamden dit un mot de ce projet de mariage avec don Carlos, Apparatus, p. xv.

3. Miss Agnès Strickland, Elizabeth^ p. 113. Plus bas, au ch. xxx^ le lec-

leure raison du roi pour la préserver était la crainte d'ouvrir à Marie Stuart, dauphine et future reine de France, la succession d'Angleterre.

leur trouTera dans certains manèges du comte de Ferla, envoyé de Philippe II, l'explication de Terreur d'Elisabeth, mais non la justification de la vanité qu'elle en tira.

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