Tytler, England under the Reignê,..y t. II, p
3. Voici tout ce qu'il en dit dans son journal : h 22 janvier 1552, le duc de Somerset eut la tête tranchée sur la colline de la Tour, entre huit et neuf heures du matin. » Bumet, t. II, pièces, n® I, p. 41.
contre elle rillégitîmité de sa naissance. Car, s'il était vrai qu'un acte du Parlement, sous Henri YIII, avait maintenu les deux princesses à leur rang d'héritières, et que leur père les y avait confirmées par son testament, néanmoins les bills antérieurs qui les avaient frappées d'exclusion pour le vice de leur naissance n'avaient jamais été rapportés. Ainsi, avec cette arme à deux tranchants, le duc de Northumberland écartait la descendance féminine de Henri. Restaient les deux lignes issues des deux sœurs de ce monarque : l'aînée par Marguerite, qui avait épousé Jacques IV, roi d'Ecosse, et dont la petite-fille, Marie Stuart, représentait les droits; la cadette, par Marie, épouse de Charles Brandon en secondes noces, et que représentait Jane Grey, leur petite-fille. Or, Henri VIII, dans son testament, avait passé sous silence la première et admis formellement les droits éventuels de la seconde. Voilà comment le duc parvint à dicter à Edouard VI un testament aux termes duquel le mourant transférait de sa propre autorité le royaume à Jane Grey. li lui inspira encore assez d'énergie pour imposer rudement silence aux objections de quelques-uns des grands officiers de la couronne (juin 1553). Edouard expira, le 6 juillet suivant, à Greenwich. On parla de poison. Il n'en était rien. Seulement, comme le duc de Northumberland avait eu intérêt à dissimuler la maladie pour se donner le loisir de combiner ses mesures, il avait établi au palais des empiriques qui cherchaient à ranimer le pauvre malade à force de stimulants *. L'usurpateur aurait bien souhaité aussi s'assurer des deux filles de Henri VIII. Il essaya d'endormir la défiance de Marie par des procédés gracieux. Il lui rendit les armes de princesse, telles qu'elle les avait portées du temps de son père ; il lui fit accorder des échanges de terres et de maisons du domaine royal, surtout du côté de la mer, comme si, en cas qu'il ne parvînt pas à l'attirer dans ses panneaux, il voulait lui inspirer la tentation de fuir hors du
1. Jo8. Stevenson, Calmd, for., 15.58-1559, préf., p. XLvn. Lingard, Histoire d'Angleterre.
royaume *. Tout à coup, alors qu'Edouard VI avait cessé de vivre, les deux princesses reçurent, au nom de leur frère, Finvitation de se rendre auprès de lui. Mais elles possédaient des amis secrets. Sur Tavis de sir Nicolas Thrograorton ^, attaché loyalement à Marie, quoiqiie zélé protestant, cette princesse, déjà en route pour Greenwich, rebroussa chemin et s'enfuit à son château de Kenninghall, dans le Norfolk. Elisabeth, menacée moins directement, en qualité de cadette, demeura blottie à Hatfield.
1. Jehan Scheyfvc, ambassadeur de Charles-Quint en Angleterre ; lettre à révêque d'Airas , Grauvelle, Londres, 28 avril 1553 ; à Charles-Quint, 11 juin 1553. Manuscrit du Record Office, t. L
2. The chronicle of queen Jane, and of two years of queen Mary, éditée par John Gough Nichols, Londres, 1850, p. 1 et 2, note. — Miss Agnès Strickland, Mary, p. 512, 513. On avait pensé, mais & tort, que Favis était venu du comte d'Arundel.