‹ La jeunesse d'Ernest RenanChapitre 23 sur 64 · Rent v’Ys, Ernest Renan en Bretagne, p · texte numérisé non relu

Rent v’Ys, Ernest Renan en Bretagne, p

de M. Brouster. L’opinion de M. Mathurin Potier est moins mitigée : « Souvent distrait, ne parait pas avoir grande piété... indifférent. » Mais avec M. Pasco le ciel redevient bleu, le temps se remet au beau fixe. Pour lui, la conduite d’Ernest Renan, a l’église, est « bonne, trés bonne, édifiante+ ». Faut-il croire qu’Ermest Renan avait eu un réveil de piété en devenant l’éléve de M. Pasco, ou bien n’est-ce pas le bon M. Pasco, qui, plus sensible a la séduction de cette gracieuse nature, ne croyait pas qu’on pit étre si aimable sans étre trés pieux ? L’intéressé luiméme va éclairer notre incertitude : . .

Pendant que, d’un cété, je n’aspirais qu’a étre curé de campagne ou professeur de séminaire, il y avait en moi un songeur. Durant les offices, je tombais dans de véri-. tables réves; mon ceil errait aux vodtes de la chapelle ; j’y lisais je ne sais quoi; je pensais 4 la célébrité des grands hommes dont parlent les livres. Un jour (j’avais six ans), je jouais avec un de mes cousins et avec d’autres camarades; nous nous amusions a choisir notre état pour l’avenir : — Et toi, qu’est-ce que tu seras ?. me demanda mon cousin. — Moi, répondis-je, je ferai des livres. — Ah! tu veux étre libraire ? — Oh! non, dis-je, je veux faire des livres, en composer ®.

M. Potier et M. Pasco ont interprété différemment ces moments de songe, l'un comme des « distractions

. 1. RENE D’Ys, p. 201 et suiv.

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