Souvenirs, p
ie ee Oe chapelle », autre’ comme des ravissements mys- ‘@ e tiques. Mais la conduite exemplaire d’Ernest. com-
- pensant les doutes que certains de ses maitres purent
concevoir sur sa piété, il obtint les distinctions réservées a la piété la plus fervente, fut admis. dans la « Congrégation de la pare Vierge » et en devint un des dignitaires. :
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I, — Renan appelé 4 Paris. Lettre d’Henriette. — Le DF Descuret.
II. — Le petit séminaire de Saint-Nicolas. — L’abbé Dupanloup. Sa jeune renommée. Ses catéchismes 4 la Madeleine. — Sa position religieuse. Homme d’action et politique bien plutét que spéculatif et théologien. Son « libéralisme » — Succés parisien de ses catéchismes. Mise en scéne. Poésie oratoire. ‘Ardeur pieuse. Impétuosité, Puissance d’entrainer. Ses catéchismes font naftre un orage. — Le vicaire de feu et le curé de fer.
Ill. — L’affaire Talleyrand. — La « conversion » finale de I’ancien évéque d’Autun rend célébre le nom de l’abbé Dupanloup, A qui en est rapportée Ja gloire. — Complexité de position du vieux prince entre la Révolution et l’Eglise, entre ses jeunes amis libéraux et le faubourg Saint-Germain. — Préoccupations et négociations de l’Archevéché. L’abbé Dupanloup délégué auprés du vieillard. Sa candeur. Tours et détours de son pénitent. Le résultat.
IV. — L’abbé Dupanloup, supérieur de Saint-Nicolas. Mouvement qu’il y crée. Maison mi-aristocratique, mi-cléricale. —
Prestige personnel du Supérieur. Sa passion pour son ceuvre. — Cété impérieux de son caractére : résistances qu il suscite. i
Ses hautes qualités d’éducateur louées par Renan. — Cété libéral de sa pédagogie. — Défauts de cette pédagogie d’aprés Renan. Enseignement religieux superficiel. Présentation plus décorative que substantielle de la religions Frivolité intellectuelle. — Pourquoi Renan, dans ses appréciations de Saint-Nicolas, contrairement A ce qu’on pourrait attendre d’un esprit que des motifs purement rationnels ont fait incrédule, sans le faire irréligieux, réserve son dédain au sentimentalisme théologique et son estime 4 une théologie raisonnée. :
Le jeune Breton en exil. Dépaysement, nostalgie. — Dépression morale causée par de premiers insuccés. Comment M. Dupanloup le reléve. Sentiment que son éléve lui voue. — Acclimatation rapide. Les succés. L’émulation. Ses maitres le jugent esprit solide, mais lourd. Eveil de l’esprit critique. — Souffles du dehors. La gloire littéraire entrevue. Promenades dans la capitale. Les étoiles de la chaire catholique : Lacordaire et Ravignan. — Les lettres du séminariste 4 sa mére. Charme de tendresse filiale. — Henriette. Sa foi chrétienne perdue. Ses soins. Nuance vraie de l’in-
fluence intellectuelle qu’elle a pu exercer sur son frére.
Les études 4 Saint-Nicolas. Renan, désolé parce qu’on n’y fait pas de mathématiques, les compare aux études de Tréguier. — Vue générale sur Vhistoire des études depuis la Révolution. A V’ancien régime des lettres sans sciences, les réformateurs encyclopédistes voulurent substituer un régime principalement scientifique et idéologique ot la culture littéraire n’aurait qu’une part subor-
‘donnée. — Les Ecoles centrales. Le plan d’études de 1802.
Le latin et les mathématiques en sont les bases. — Réaction religieuse et politique contre les études scientifiques a partir du Consulat. Témoignage. de Lamartine, son cri de guerre contre les mathématiques. — Diminution de la part des sciences sous la Restauration. Leur discrédit progressif. — Tréguier s’en était tenu au plan de 1802.
M. Dupanloup, outrant la réaction, bannissait la culture scientifique. Frivolité de sa doctrine.
Les études littéraires. Le jeune Renan en guerre contre larhétorique. I] la caricature et oublie que, bien comprise, elle est une véritable science naturelle, comme la psychologie. — Plus justes, les griefs que, dans son Age mir, il a élevés contre le factice et l’apparat des sujets de composition littéraire en faveur a Saint-Nicolas. Il ne songe pas assez que les enfants sont des enfants et qu’on ne pourrait sans péril leur demander de la personnalité dans la pensée. — Les lieux communs de la rhétorique. Leurs vicissitudes selon les époques et les mceurs. Le jeune Renan sent le désaccord entre ceux qu’on lui donne 4 traiter et les réalités, les idées de son siécle. L’éloquence cicéronienne
n’est plus de saison. — Le contact électrique de Michelet.
Souvenir inexact ; impression certaine. — Il réussit dans les compositions 4 sujet historique et dans les analyses de textes. — Accusé de « romantisme » par son maitre de rhétorique. Portée de leur différend. Définition du rhéteur. — Elégances académiques. Noble inspiration morale. Un souvenir remanié de Renan sur l’assassin de l’archevéque de Paris, Verger. — De l’ensemble des jugements de Renan sur les études littéraires de son temps on peut conclure la nécessité de rajeunir l’institution de la rhétorique, mais non moins celle de la conserver. -— L’esprit de critique historique, qui bienté6t minera dans son esprit le dogmatisme religieux, s’est formé en lui dés le collége. — Départ de Henriette pour la Pologne,
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Dans les premiers jours de septembre 1838, Ernest Renan, alors agé de quinze ans et vivant 4 Tréguier auprés de sa mére veuve, recut de sa sceur la lettre suivante 1, datée du 31 aott:
- Mon Ernest, ma lettre te semblera d’une folle, mais la joie m’éte toute raison. Tu viens d’étre nommé, il y a trois heures, pour une bourse entiére au Séminaire de Paris ; elle t’est accordée jusqu’a l’A4ge de vingt-cing ans, mais 4 la condition expresse que tu seras ici le 6 ou le 7, au plus tard : cette époque passée, la place redeviendrait vacante. Je t’en conjure, mon ami, aussitét ma lettre recue, monte dans le courrier avec le plus d’effets que tu pourras emporter... le reste viendra plus tard; mais, sale ou blanc, emporte tout ton linge. C’est une Providence inespérée qui a travaillé pour nous, car l’ami qui a agi en ma considération t’a fait connaitre de personnages qui peuvent tout dans ton avenir. Mon Ernest, encore une supplication, tu recevras ma lettre dimanche soir, sois 4 Guingamp pour le courtizr de lundi et monte sans faute dans la malle-poste. Je t’attends mercredi soir ou jeudi. Tu prendras de l’argent chez mon oncle Forestier a qui j’écris de t’en préter. Je le lui rembourserai 4 mon passage qui sera au plus tard le 15. Dis 4 maman que c’est un avenir tout entier pour son enfant.
Adieu, pars, je t’attends et te chéris, HENRIETTE.