‹ La jeunesse d'OvideChapitre 166 sur 203 · Beurlier, ouvrage cité, p · texte numérisé non relu

Beurlier, ouvrage cité, p

4. Duruy, Histoire des Rotnaiîis, édition de 1877, vol. HT, p. 315.

LA JEUNESSE d'oVIDE 2o3

formules littéraires d'apothéose, dont la vanité d'Auguste, amie de la louange, pouvait être satisfaite, mais dont sa susceptibilité, craintive du ridicule, n'avait pas lieu de s'inquiéter. Lejeune Ovide, qui succédait dans la faveur des lettrés à Properce, a Horace et à Virgile, aurait bien voulu leur succéder aussi dans l'amitié d'Auguste. Sa candeur maladroite et sa prétentieuse inexpérience espéraient charmer le maître par une Gigantomachie qui ferait du héros d'Actium l'égal du dieu vainqueur des Géants.

11 ne se rappelait pas cet apologue d'Esope, que Phèdre devait négliger de mettre en iambiques latins, et dont La Fontaine fera la fable de l'àne et du petit chien :

Peu de gens que le ciel chérit et gratifie Ont le don d'agréer infus avec la vie.

Ovide n'<)tait pas au nombre de ces pauci quos (lequm amamt Jupiter. Si Apollon, dieu du Cynthos, avertit amicalement l'auteur des Iit(coliq?(es, en lui tirant l'oreille, que ce n'est pas son affaire de chanter les rois et les combats, Auguste doit donner sévèrement à entendre au j(îune poète mondain, enivré par les applaudissements que lui prodiguent les auditeurs de ces lectures publiques auxquelles l'Empereur assistait parfois ', et où il a peut-être entendu avec indignation quelque morceau de la GigantomacJiie^ qu'il n'est pas permis à un « lourdaud » de mettre en scène, malgré lui,

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