‹ La jeunesse d'OvideChapitre 191 sur 203 · Remède iCamour, v · texte numérisé non relu

Remède iCamour, v

2. Tristes, II, v. 431 : ... exigui... Calvi. — Cf. Sénèque le Rhéteur, Controv., VII, iv, 7 : Calvus erat parvulus slalura.

3. Varron de l'Atax, qui a imité les Argonautiques d'Apollonios de Rhodes.

4. Dans une autre pièce des Tristes (Y, i, v. 17), Gallus est placé il côté de Properce parmi les maîtres ae Télégie, fiallus, blnmiiqiie P roi ter tins ans.

282 LA JKUIVESSE D OVIDE

Ta déshonoré c'est de s'être laissé aller à des indiscrétions sous l'influence de l'ivresse.

Il paraît difficile à Tibulle de croire aux serments de sa maîtresse, puisque c'est aussi sous la foi du serment qu'elle nie à son époux toute infidélité. Tibulle déclare qu'il lui a enseigné à tromper son gardien et qu'il est maintenant la victime de ses propres leçons. Bien des fois, sous prétexte d'admirer le cachet ou les pierres précieuses d'une bague, il nous dit qu'il a serré la main de son amie ; bien des fois, il l'avoue, les mouvements de ses doigts, les signes de sa tête ont eu leur langage; et, sur la table arrondie, il a tracé des caractères secrets ; il indique au moyen de quelles substances on peut raviver la couleur du corps llétri par des baisers trop ardents. Enfin, il conjure le mari trop confiant de le conserver lui, l'amant, pourmettre un frein aux infidélités de l'épouse. Il sait contre qui le chien aboie, pourquoi, lui-même, il rôde solitaire autour de la maison, pourquoi il doit si souvent se répandre en malédictions devant les portes closes. 11 donne bien des préceptes pour enseigner ces ruses d'amour ; il apprend aux jeunes femmes l'art de tromper leurs maris. De tout cela, on ne lui fait pas un crime. Tibulle est lu; il plaît, il était déjà célèbre quand tu es arrivé à l'Empire. Tu trouveras les mêmes préceptes dans l'œuvre du tendre Properce : et, cependant, la censure n'a jamais noté Properce d'infamie.

J'ai succédé à tous ces poètes : je n'en cite pas d'autres, puisque la bienséance m'oidonne de taire les noms de ceux qui sont encore vivants. Je n'ai pas craint, je l'avoue, que dans les eaux où ont vogué tant de barques déjà, la mienne seule dût être victime d'un naufrage auquel toutes les autres ont échappée

A voir cette longue liste où les noms peu connus de Memmius, de Gornificius, d'Anser et de Servius se trouvent dans le voisinage de ceux de Catulle, de Galvus,de Gallus, de Tibulle et de Properce, il semble qu'Ovide puise jiisquà la lie^ comme Gico-

\. Tr!s/e.<i, II. v. 427-410.

ron, au dire d'Atticus, faisait, quand il établissait ses interminables catalogues d'orateurs ^ Mais des renseignements fournis par Pline le Jeune -, par Martial ^ par Aulu-GelleS prouvent qu'Ovide est plutôt discret dans Ténumération des poètes erotiques, ses prédécesseurs et ses contemporains.

Dès l'époque de Sylla, les hommes les plus illustres dans la politique, la jurisprudence, l'éloquence ou l'histoire, ont trouvé une distraction à leurs graves travaux dans des essais de poésie erotique, élégies développées ou simples épigrammes en distiques, mises à la mode par l'intluence des alexandrins.

Le dictateur Sylla lui-même et Q. Mucius Scaevola, le juriste stoïcien, qui fut consul en 417, écrivirent des épigrammes légères. Deux petites pièces de Q. Lutatius Gatulus, le consul de l'an 102, vainqueur des Gimbres avec Marins, sont citées par Cicéron'% qui, malgré son dédain pour les cantorei^ Eiiphorionis, composa lui-même des vers d'amour dont il ne nous est rien resté. L'historien L. Cornélius Sisenna (119-67) s'amusait à traduire les contes licencieux qui étaient la matière des quinze livres de MiAYiataxà publiés par Aristide.

On mentionne comme auteurs de poésies très libres le célèbre orateur Hortensius^'; — les deux

\. Cicéron, Brutus, lxix, 24i : Tum Atticus : « Tu quidem de fnece, inquit, hauris. »

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