Art d'aimer, III, v
sa puissance, en vertu duquel il revendique l'honneur de donner son nom à la ville. La déesse se représente ellemême : elle s'attribue le bouclier, la lance à la pointe acérée ; elle couvre sa tête d'un casque ; elle place devant sa poitrine l'égide qui la protège. La pointe de sa lance frappe le sol d'où jaillit, tout couvert de baies, l'olivier au pâle feuillage. Les dieux sont saisis d'admiration et la victoire consacre l'œuvre de Pal las ^
C'est une description très soignée et très réussie d'un épisode de l'histoire mythologique d'Athènes : Ovide excelle en ce genre. Mais il n'était pas besoin d'avoir séjourné dans la ville de Minerve pour exécuter ce tableau où rien n'a rapport au paysage d'Athènes et à la campagne attique.
Les Métamorphoses font une place importante aux légendes de l'Attique ; chacune de ces légendes pouvait donner occasion à des descriptions du paysage qui en est le théâtre : toutes ces descriptions sont esquivécîs. L'envieuse Aglaure, fille de Gécrops, est changée en rocher : le poète se contente de dire que cette métamorphose, dont tous les événements sont longuement expliqués, a lieu dans le pays cher à Minerve, où sont les champs de Munychie et les ombrages du Lycée bien cultivé^. Le tyran de Scythie, Lyncus, demande quel est son nom, quelle est sa patrie au héros laboureur Triptolème, qui s'est associé aux travaux de Gérés. Le compagnon de la déesse de l'agriculture répond, sans ajouter aucun détail sur sa ville natale : « Ma patrie, c'est l'illustre Athènes et Trip-