‹ La jeunesse d'OvideChapitre 86 sur 203 · Poaliques, IV, xvi, f · texte numérisé non relu

Poaliques, IV, xvi, f

3 Strabon, Xlil. n, 3.— Voir sur Théophane de Mitylène, dans les Inscriplioties f/raecae insularum Maris Aeqei [i. H, Berlin, 1899), les n"» 235, 236 et 237.

Mitylène obtint que le vainqueur de Mitliridate épargnât les Lesbiens, coupables d'avoir suivi le parti du roi du Pont; de plus, Pompée accorda à son historien le droit de cité romaine dans une circonstance solennelle : c'est devant ses troupes qu'il passait en revue qu'il déclara Théophane de Mitylène citoyen de Romei ; le petit-fils de Théophane reçut le nom de bienfaiteur de son aïeul : ce fut le poète épique Pompeius Macer-.

On sait que l'étranger qui entrait dans la cité romaine conservait son nom comme cognomeii et prenait le praenomen et le genti/icium des protecteurs qui avaient été comme ses parrains. "Quand le poète Archias devient citoyen romain, il se nomme Aulus Licinius Archias : Aulus Q?>i\Q praenomen de quelque patron dont Archias voulait se déclarer publiquement l'obligé; Licinius est le gentilicium de la gens Licinia à laquelle appartenaient les LucuUus, protecteurs principaux du poète d'Antioche. Devenu citoyen romain, Théophane prit le nom de Gneius Pompeius Theophanes. Le cognomen Macer, fréquent dans la gens Licinia^ prouve peut-être des liens de patronat entre quelque

1. Cicéron, Pro Arcliut, x. 2'i : Thcojihanem M/'h/lcnaeiim, scriplorem rerum suonnn, in conlione inUitin/i ririlate (hmnvil .

2. Pour le poète Pompeius .Macer, voir M. Kocii, Prompographiae Ovidianae clemen/a, p. 21 ; et 0. Ilennig, De P. Oviciii jioelae sodalibus, {). 22. — Ilennig acluiol avec vraiseuiblance, à la suite (le Wœltfel, que Macer et Ovide ([itMisirent les deux sœurs; mais il a tort de jirctendre que c'esl a cause de cette parenté que Macer clioisit Ovide pour compairmui de roule. Nous ignorons si Macer était marié au moment du voyage en Asie : il est bien certain qu'Ovide ne l'était pas. (Vest Iciiglemps après son voyage d'étudiant en Asie que le poète des l'n//li(/iies épousa sa troisième feumie dont il est question dans la lettre à Macer {Pontiques, II, X, V. 10).

membre de cette gens et le poète Gneius Pompeius Macer, petit-fils de Théophane et ami d'Ovide.

Pompeius Macer eut une brillante carrière administrative. Chargé par Auguste de l'organisation des bibliothèques impériales ^, puis nommé procurateur d'Asie, il était en grande faveur auprès de Tibère, au moment où Strabon écrivait sa Géographie^ Fan 18 de l'ère chrétienne-. Le fils de r« illustre chevalier romain Pompeius Macer" » fut préteur. En l'an 33, le père et le fils durent se donner la mort pour prévenir une condamnation imminente. Les Grecs de Lesbos avaient décerné les honneurs divins à l'historien Théophane de Mitylène. L'empereur Tibère, qui prétendait se réserver le monopole des apothéoses, fit accuser de lèse-majesté le petit-fils et l'arrière-petit-fiis du Grec divinisé.

On comprend que pour son voyage en Asie Mineure Ovide ne pouvait souhaiter un meilleur guide que Pompeius Macer, ce petit-fils d'un Grec illustre de l'ile de Lesbos, si estimé par ses concitoyens de Mitylène dont les descendants devaient plus tard lui accorder les honneurs de l'apothéose, si estimé par les Romains qui lui avaient donné le droit de cité. Macer, qui était poète, désirait apparemment voir ou revoiries divers endroits de l'Asie où se passait l'action de l'épopée anté-homériquc qu'il projetait.

Ovide a visité Troie; il s'est arrêté dans le

1. Siiélonc, Jules César, lvi : Pompeius Macer cui [Aurjuslus] ordinandds bihliolhecas delequceral.

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