Héroides, \, v
II. Fastes, VI, v. 15: ... aquosae valllhus Idae ; v. 3[1 : ... ojiacae vallihus Idae. — Amours, I, xiv, v. 11 : Clivosae madidis in vallihus Idae... cedrus.
12. Héroides, Vil, v. 1 : ... udis ahjectusinlierbis Ad vada Maeandri concinit alhus olor.
13. Métainorp/ioses, IX, v. VM : ... Maeandri toties redeunlis eodem.
14. Métamorphoses, II, v. 240 :... recurvatis ludit Maeandros in iindis.
J62 LA JEUiNESSE D OVIDE
dans les mêmes contrées et qui doit souvent ramener vers leur source ses eaux fatiguées ' :
Dans les champs de Phrygie, le Méandre limpide se joue ; il multiplie le flux et le reflux de sa course incertaine ; ou bien, allant à la rencontre de ses eaux, il les voit accourir, et tantôt pour retourner vers sa source, tantôt pour se précipiter vers la mer, il fatigue ses flots à la direction douteuse-.
Voici le Mont-Tmolus avec ses vignobles et le bois sacré de Bacchus '^ :
Au-dessus des mers qu'elle domine s'élève, abrupte, d'un accès difficile, la haute montagne du Tmolus dont les deux versants s'étendent, l'un jusqu'à Sardes, l'autre jusqu'à la petite ville d'Hypœpa ''.
Voici le Salmacis, lac de Carie :
C'est un lac dont les eaux limpides laissent voir le sol au fond. Ni le roseau des marais, ni les herbes stériles, ni les joncs aux dards aigus ne troublent la transparence de l'eau. Ce lac a pour ceinture un gazon toujours frais, des herbes toujours verdoyantes-'.
Ces descriptions de montagnes et de vallées, de lleuves et de lacs, sont jolies, mais banales. Aucun caractère propre, aucune note personnelle ne permet d'admettre qu'Ovide ait fait d'après nature ces petits tableaux pour lesquels il était suffisamment renseigné parla tradition.
1. llrroi(h;s. I\. \ .'■>:') : MiicanJ ms ler/'is Inlies CD'a/of in /.sv/c///. Qui lassas in se sac/ic rclonjiwi </(juas.
•2. Métanwrphose.s. \ill, v. Iti:^ cl suiv.
3. Métamorplioses, \ I. v. l;j : ... vinrla TiinoU. — Fastes, il. V. 3iH : ... neinus liaechis, Tmoli cinela.
\ . Mélamorphoses, XI. v. 150 et suiv.
;, Mchnmn-iiUnses, I\". v. 'JDT vA suiv.
GHAPITIIE Vil
Les voyages d'Ovide. — III. L'itinéraire d'Asie en Sicile. — Le séjour en Sicile. — Souvenir des légendes siciliennes dans les œuvres d'Ovide. — Les descriptions géographiques d'Ovide. — Paysages de Sicile : le Mont-Etna, les lacs d'Henna, les marais de Palicus, la source d'Aréthuse. — L'Etna et la Gujantomachie. — Les lacs d'Henna et l'enlèvement de Proserpine. — Description des environs d'Henna dans les Verrines de Cicéron et dans les Métamorphoses et les Fastes d'Ovide.
Au temps de Pline le Jeune, la curiosité des voyageurs romains était particulièrement sollicitée par les merveilles que possédaient et que savaient Taire valoir la Grèce, l'Asie Mineure et l'Egypte ^ Après la Grèce, Ovide avait visité l'Asie Mineure. Dès le commencement de l'Empire, les ports du littoral asiatique étaient nombreux d'où partaient (les navires qui se rendaient en Sicile ou en Italie, faisant parfois escale dans les Cyclades, en Crète ou même en Egypte.
Nous savons que le jeune voyageur, toujours en compagnie de son ami Macer, parcourut la Sicile Kivant de rentrer à Rome.
1. Pline le Jeune, Lettres, VIII, xx, 2 : Acluiia. Aef/i/plus, Asia, liaue quaelibet miraculoruiu ferax coin/nenduti luque terra.
11 ne semble pas que le navire qui le menait d'Asie en Sicile se soit arrêté en Crète. Le poète parlera souvent de l'île qui s'enorgueillit d'avoir nourri Jupiter enfant dans les cavernes du Mont- Dicté ^ ; il citera le Mont-Ida-, les cent villes de la Crète-'', entre autres Cydon, Gortyne, célèbres par leurs archers^; Gnosse, connue par son miel"'; il s'occupera souvent des légendes de Minos *•, d'Ariane', du Minotaure*^; il fera les allusions traditionnelles à la Creta mendax'K Mais, dans toute Fœuvre d'Ovide, on ne saurait trouver une description, un détail pittoresque qui dénote un souvenir de voyageur : comme le navire qui portait la statue de Cybèle d'Asie Mineure en Italie, le navire d'Ovide aura laissé la Crète à sa gauche ^o. Dans la Lettre que l'auteur des Héroïdes fait adresser par le Troyen Paris à la femme de Ménélas, le séducteur dit ironiquement à son amante : « Ton mari ne pouvait mieux choisir son temps pour visiter le royaume de Crète : ô merveilleuse intelligence de mari^^ !» Il semble, par contre, que, dans son voyage
1. Amours, III, .x, iJO ; — lier.. X, v. H8: — Fastes, III, v. 44i; \', V. 118.