La jeunesse de Balzac
Il y a dix-huit ans, La Jeunesse de Balzac paraissait pour la première fois avec le sous-titre de « Balzac imprimeur ». L'édition était totalement épuisée depuis un certain temps déjà, l'éditeur nous pressait d'en donner une nouvelle et nous allions satisfaire son désir, lorsque la guerre éclata.
Ce projet, interrompu pendant plusieurs années, nous le reprenons aujourd'hui.
Que noire première pensée, en publiant ce nouveau livre, aille à celui que la mort a trop tôt ravi aux Lettres françaises, au vicomte de Spoelberch de Lovenjoul ! Notre ami très regretté avait apporté à notre travail une précieuse contribution. Il a fait plus encore : il a légué à l'Institut de France les trésors de sa merveilleuse collection.
Pour rendre à la mémoire du savant collectionneur et du maître balzacien l'hommage qui lui est dû, nous avons pensé que nous ne pouvions rien faire de mieux que de joindre à notre livre, comme il le désirait vivement, les lettres de Balzac à Madame de Berny et celles de Madame de Berny à Balzac, qui faisaient partie de sa collection. L'intérêt de cette importante et précieuse addition n'échappera pas au lecteur. Elle fait l'objet d'un nouveau chapitre ajouté à ceux de l'édition originale de La Jeunesse de Balzac.
Lorsque parut notre première édition, nous avons dû emprunter les extraits des lettres de Balzac à Madame Hanska, à sa sœur, à des liers, aux Lettres à l'Étrangère et à la Correspondance, publiée, en 1876, par la maison Michel Lévy. Nous n'avions pas alors les autographes sous les yeux ; nous les avons aujourd'hui, et, après avoir conféré les textes originaux avec les textes imprimés, il nous est apparu qu'ils avaient été mis au jour avec de regrettables inexactitudes. Si Ton rapproche les deux textes, on constate avec stupeur les déformations graves qu'ont subies les lettres de l'illustre écrivain. Certaines sont devenues, à l'impression, méconnaissables, tellement elles ont été arrangées,