ET HONORÉ BALZAC
14 avril 1825.
Entre les soussignés, Urbain Canel, libraire, demeurant à Paris, place Sl-André-des-Arts, n° 30, d'une part, et Honoré Balzac, demeurant à Paris, rue de Tournon, n° 2, d'autre part, a été fait et convenu ce qui suit :
M. Urbain Canel s'engage à partager avec Mr Honoré Balzac, ce acceptant, les profits, bénéfices, charges et périls, d'une édition de Molière en un volume in octavo, entreprise par Delongchamps et Urbain Canel, collectivement chacun pour la moitié, par traité fait le trente et un mars mil huit cent vingt-cinq.
Le traité signé par Mr Urbain Canel et Delongchamps est accepté par M1 Balzac pour base de la présente convention et M. Balzac aura les mêmes droits que M. Urbain Canel dans l'exécution de ce traitté (sic).
Si, par un cas fortuit, M. Urbain Canel ou M. Balzac venaient à être représentés par des tiers ou ayant cause, Mr Urbain Canel et M1 Balzac se réservent mutuellement le droit purement facultatif de rembourser à quarante pour cent des bénéfices les ayant cause ou les tiers, de manière cependant que ce droit ne soit exercé que par celui des deux contractants qui restera seul dans l'entreprise, les tiers ou les ayant cause n'ayant aucune qualité pour l'y contraindre.
Pour l'exécution entière de cette convention, Mrs Balzac et Urbain Canel se ressaisissent, même dès ce moment, en tant que de besoin de leurs droits de propriété au dit cas, en faisant l'abandon pur et simple de celui des deux qui serait appelé à exercer ce droit.
Mr Urbain Canel reconnaît par ces présentes avoir reçu des mains de M1 Balzac la somme de six mille francs en espèces ayant cours, montant du quart des dépenses présumées de la dite édition de Molière, s'engageant à en fournir le compte, dont quittance.
Ces six mille francs proviennent d'un prêt fait à Mr Balzac par M. Jean-Louis-Henri Dassonvillez sur deux lettres de change tirées par M. Balzac sur Mr Urbain Canel
et acceptées par lui. En considération du présent traité. Mr Balzac a prêté à M1 Urbain Canel, ce acceptant, la somme de trois mille francs formant la moitié de la quote part des dépenses de Molière dont quittance, attendu que les neuf mille francs dont il est question ont été prêtés par Mr Dassonvillez à M1' Urbain Canel et Balzac, il demeure bien attendu (sic) que le payement des lettres de change qui se trouvent au nombre de trois plus un billet de cent vingt-deux francs formant ensemble dix mille cent vingt-deux francs y compris les intérêts, sera fait par les contractants au prorata de leur prise de fonds.
Fait double, à Paris, le quatorze avril mil huit cent vingt-cinq.
Approuvé le mot deux en surcharge
U. Canel.
Approuvé l'écriture ci-dessus H. Balzac.
(Collection Lovenjoul, ms. A 258, fol. 3.)