LETTRE DE M. ALEXANDRE DE BERNY A M. SÉDILLOT
ier juillet JSC29.
Fonderie de caractères de Laurent et de Berny, rue des Marais St-G., n. 17.
Polytypie Paris, ce 1er juillet 1829.
Gravure sur acier, cuivre, bois, etc.
Monsieur,
Mr Balzac m'ayant prié de remonter à la source de cet effet pour le payer avant qu'on n'en fasse le protêt, je viens de le solder.
Je vous prie, en son nom (selon qu'à son dire vous en êtes convenu avec lui) d'en remettre le montant au porteur.
J'ai l'honneur d'être avec respect
Al. de Berny.
Suscription de la lettre : Monsieur, Monsieur Sédillot, rue des Déchargeurs, n° 10.
(Collection LovenjoiU, ms. A 259, 2e partie, fol. 65.)
W juillet 1829.
Mon bon cousin, M. Laurens m'a fait signifier en teins utile et dans une forme légale un acte de transport de sa créance sur moi au profit de la dame veuve Cuisinier, sa sœur, et c'est à elle que doit être payé le terme réclamé. Cet acte a eu pour but de sauver cet avoir des mains des créanciers qui le poursuivent relativement à une garantie. Ainsi, si vous voulez avoir la bonté de payer sur la quittance de cette dame, il n'y aura aucune irrégularité.
Ne vous étonnez pas, mon bon cousin, de ne pas me voir. Je suis occupé à achever deux ouvrages qui vont être vendus d'ici à un mois; il faut les mettre en état
d'être imprimés. Je suis accablé d'obligations. Mon tailleur a un effet de 500 fr. renouvelle (sic) échéant en août. J'ai 750 fr. d'arriéré à M. Laurens pour 7bre; à compter de cette époque, je dois lui payer les 89 fr. par trimestre. Je dois à mon beau-frère un peu d'argent. Je dois à un ami qui m'aide à vivre en attendant le produit de mes deux ouvrages, vous savez que je n'ai guère eu que 100 fr. de suitte {sic) pour vivre, sur mon Chouan; j'ai cependant acquitté des petites dettes comme 500 fr. à mon bottier dont l'effet n'a pas paru sur mon bilan, et vous comprenez que l'intérêt de mon travail passe avant tout autre ; le désespoir me prendrait si je n'étais pas absorbé par mon travail, car je sens que je ne dois plus causer de charges à ma pauvre mère. Je voudrais pouvoir payer cet effet de 300 fr. à la fin de juillet et je désespère d'avoir fini à cette époque. — La librairie devient de jour en jour plus mauvaise — Ponthieu a passé à Bruxelles en se voyant condamné — mais on dit que Schubbart offre 50 °/0. En ce moment, mon bon cousin, j'ai oublié toute affaire pour mon travail, car avant tout je dois vivre et ma ressource n'est que là. — Aussitôt que je serai dans toutes les horreurs de l'impression, comme mes travaux ne réclameront pas toute mon âme et mes momens, qu'il y aura quelque chose d'irrégulier dans mes instans de travail, je pourrai être tout à vous et régler les deux ou trois petites affaires qui sont en suspens par ma faute. ,
Adieu, mon bon cousin, agréez le sincère témoignage de ma reconnaissance.
20 juillet 1829. H. Balzac.
Suscription de la lettre : Monsieur Charles Sédillot, rue des Déchargeurs, 10, Paris.
(Collection Lovenjoul, ms. A 259, lre partie, fol. 17.)
Paris, 24 9bi» 1830.
Mon cher cousin, si je n'ai pas été vous voir relativement au billet Marne, n'en attribuez la raison qu'à la nécessité où je suis, en ce moment, de passer les jours et
les nuits à travailler pour subvenir aux besoins journaliers de l'existence. La Librairie est morte. 11 n'y a pour moi de ressources que dans les journaux et j'ai à peine le temps de suffire à leurs exigeances (sic). Il est d'autant plus malheureux qu'il y ait eu des frais de faits pour le billet de Marne qu'il vous avait été remis par moi en compte sur la dette et qu'étant en compte avec M. Marne et devant à M. Marne de l'argent, je pouvais presque le balancer et ne rien perdre ; les frais étaient en train quand je suis revenu de Touraine et il m'a fallu aussitôt faire de pressantes démarches.
Aussitôt que j'aurai quelques jours à moi, je m'occuperai de faire lever les oppositions dont vous me parlez; mais il faut introduire des instances et, en ce moment, le plus nécessaire et le plus pressé est de vivre et de gagner de l'argent pour ma mère et pour moi — car pour payer, il faut travailler. — Ayez donc, mon cher cousin, la charité de croire que tous mes efforts tendent à me libérer le plus promptement possible; j'y emploie tout ce que j'ai de force et de courage. Avant d'accorder mes affaires litigieuses, il faut avoir le tems devant moi et si je suis un jour sans travailler, je suis le lendemain sans pain — personne ne songe à cela.
Agréez, mon cher cousin, les témoignages d'une reconnaissance sincère et durable.
V/ dévoué cousin H. Balzac.
Suscription de la lettre: Monsieur Ch. Sédillot, rue des Déchar geurs, n° 10, Paris.
(Collection Lovenjoul, ms. A 259, 2e partie, fol. 73.)
29 novembre 1830.
Reçu de M. Sédillot les pièces d'un effet Marne et Delaunay- Vallée, ensemble francs : 824,55 cent., je dis huit cent vingt-quatre francs trente-trois centimes dont je lui tiendrai compte à sa première réquisition.
H. Balzac.
(Collection Lovenjoul, ms. A 259, 2* partie, fol. 76.)