‹ La jeunesse de BalzacChapitre 5 sur 155 · AVERTISSEMENT DE LA PREMIÈRE ÉDITION · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT DE LA PREMIÈRE ÉDITION

M. Paul Lacombe, parisien. Partout, à la Bibliothèque nationale, aux Archives nationales, aux archives du tribunal de commerce, dans les archives de province et les archives particulières, même obligeance et même empressement. Le nom de Balzac ouvrait toutes les portes; MM. Mortreuil, Henri Omont, Marchai, Viennot, Pillon-Dufresnes, Marins Barroux, Mme Depret, M. Bixio, M. Bourguignon- et tant d'autres nous ont aidés. Qu'ils reçoivent ici l'expression de tous nos remerciements.

Est-il nécessaire d'attirer l'attention du lecteur sur la collaboration de notre éminent ami, M. Lepère, dont les belles gravures sur bois ornent si précieusement le présent volume? La vignette qui sert d'encadrement aux pages du texte est empruntée à l'ancien fonds de l'imprimerie de Balzac; les caractères avec lesquels le livre a été imprimé, par la maison Hérissey d'Evreux, ont été fondus spécialement par la maison Tuleu, 58, rue d'Hauteville, c'est-à-dire précisément par la maison qui eut à sa tête Honoré de Balzac et Alexandre de Berny.

Ainsi, après soixante-quinze ans, Balzac imprimeur se retrouve chez lui : peut-être ce retour des choses n'eût pas déplu à ce grand amoureux de la gloire que fut Honoré de Balzac, romancier.

LA

Balzac discutait avec Vidocq. Celui-ci soutenait que la réalité était parfois plus dramatique que le roman. Le romancier était naturellement d'un avis contraire : « Ah! vous croyez à la réalité, mon cher Vidocq, disait-il. Vous me charmez. Je ne vous aurais pas supposé si naïf. La réalité ! Parlez-m'en. Vous revenez de ce beau pays. Allons donc! C'est nous qui la faisons, la réalité1! »

Or, voilà que la vie réelle de Balzac apparaît, au fur et à mesure qu'elle se découvre, comme un prestigieux roman.

Nous avons les Confessions de Jean-Jacques et les Mémoi?%es de George Sand2. Nous n'avons

1. Dahac chez lui. Souvenirs des Jardies, par Léon Gozlan. Paris, Michel Lévy frères, 18G2, in-18, p. 214.

2. Sous le titre : Histoire de ma Vie. Paris, Cadot, 1854-1855, i vol. in-8.

pas l'autobiographie de Balzac. S'il l'eût écrite, les lettres françaises se fussent enrichies du plus précieux des documents humains. On eût suivi, avec un intérêt passionné, toute la carrière de l'homme qui fut, peut-être, le plus grand semeur d'idées du siècle et qui avait inscrit au socle de la statue de Napoléon, posée sur la cheminée de son cabinet de travail : « Achever par la plume ce qu'il a commencé par l'épée1. »

Il est vrai que la biographie de Balzac est comme éparse dans son œuvre. Ce qu'il a dit, il l'avait vu, il l'avait vécu. Poussé par le besoin, emporté par cette fureur d'écrire qui fut le tourment de sa vie, il a jeté sa propre chair en pâture au public. Mais ce ne sont que des lambeaux : disjecti membra poetse.

Il faudrait lire entre les lignes, il faudrait deviner beaucoup; surtout, il faudrait connaître le détail précis. La vie de l'auteur expliquerait, souvent, l'inspiration et la genèse de l'œuvre.

Un travail complet sur Balzac n'a pas encore été publié2. Sa sœur, Mme Laure Surville, a écrit

Page 1