L'OEUVRE DU CONSULAT
ni ne me fatiguent. Veux -je dormir, je ferme tous les tiroirs et me voilà au sommeil. »
Lorsqu'il avait passé toute une nuit avec ses ministres, il prenait un bain et souvent se remettait aussitôt au travail, aussi dispos que s'il venait de quitter son lit.
« Une heure de bain, disait-il, vaut pour moi quatre heures de sommeil. »
A Joséphine, qui parfois grondait ou boudait el s'écriait :
(( Tu te tueras, tu n'es pas raisonnable! »
Il répondait :
« Le travail ne tue que les paresseux, il aide les autres à vivre. »
Et, de fait, le consul prenait de l'embonpoint.
Un jour, Hortense lui en fit la remarque en riant.
« On prétend, s'écria-t-elle, que vous faites sécher tout le monde autour de vous, et vous engraissez ! »
Le consul était de bonne humeur ce jour- là.
« Hé! fit-il en pinçant l'oreille d'Hortensc, j'engraisse aussi la France! »
Bonaparte, qui tenait autant à la paix intérieure qu'à la paix extérieure, s'attacha par de bons procédés à gagner les partis hostiles. Les émigrés purent demander leur radiation de la liste, et l'on autorisa ceux dont les biens n'avaient pas été vendus à revendiquer la propriété de ces biens.
Aussi rentrèrent-ils en foule.
Certaines faveurs accordées aux jacobins contribuèrent à rapprocher du pauvoir ces hommes de la révolution.
On pouvait prévoir que la concorde régnerait bientôt en France.
Bonaparte, qui, en plusieurs circonstances, s'était
montré plein de déférence envers les représentants du culte catholique, voulait la paix religieuse en France.
Il fit des ouvertures à Rome par l'intermédiaire du cardinal Martiniano, évèque de Verceil, et les négociatigns commencèrent presque aussitôt entre le cardinal Consalvi, représentant la cour romaine, l'abbé Dernier, curé de Saint-Lô, les conseillers d'Etat Portails et Crétet, représentant le gouvernement consulaire. Elles aboutirent au Concordat, qui fut signé le 15 juillet 1801.
Aux termes de cet acte important, le gouvernement se chargeait des frais du culte, le pouvoir civil nommait les évoques en conservant au pape l'institution canonique, et le clergé inférieur restait entre les mains de l'autorité épiscopale, qui nommait aux cures les ecclésiastiques agréés par le gouvernement.
Il était arrêté, en outre, que le saint-siège ferait, d'accord avec le pouvoir civil, une répartition nouvelle des diocèses, dont le nombre était fixé à soixante.
Le cardinal Consalvi, très favorable à la France, avait été la cheville ouvrière de l'acte qui rétablissait l'église catholique dans notre pays. C'était lui qui, au dernier conclave, avait présenté la candidature du cardinal Chiaramonti, devenu pape sous le nom de Pic VÏI.
« La France, avait-il dit, fut toujours pour l'Eglise le plus utile, le moins gênant des protecteurs. Un jeune homme bien extraordinaire, bien difficile à juger encore, y domine aujourd'hui. Il aura prochainement, n'en doutez pas, reconquis l'Italie (le conclave avait lieu avant la bataille de Marengo). Souvenezvous qu'il a protégé les prêtres en 1797 et qu'il a tout récemment rendu les honneurs funèbres à Pie VI. »
Le cardinal Consalvi, envoyé en France comme
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représentant du pouvoir ecclésiastique, écrivit, après la signature du Concordat ;
« Je le dis ouvertement, nous avons obtenu des concessions inférieures sans doute à nos désirs, mais certainement supérieures à nos espérances. »
L'acte passé avec le saint-siège suscita de sérieuses difficultés au premier consul, tant du côté du Parlement que du côté de l'armée. Cependant, le Concordat fut adopté par le Corps législatif le 8 avril 1802, après un discours remarquable de Portails.
Bonaparte eut plus de peine encore à faire adopter le projet de loi portant création de la Légion d'honneur.
Cette création lui tenait à cœur; aussi défendit-il le projet avec vigueur.
« On nous parle toujours des Romains, s'écria- 1- il devant le Conseil d'Etat. Il est assez singulier que, pour rejeter les distinctions, on cite l'exemple du peuple chez lequel elles étaient le plus marquées. Est-ce là connaître l'histoire? Les Romains avaient des patriciens, des chevaliers, des citoyens et des esclaves ; ils avaient pour chaque classe des costumes divers; ils décernaient toutes sortes de distinctions, des noms qui rappelaient des services, des couronnes murales, le triomphe. Je défie qu'on me montre une république ancienne ou moderne dans laquelle il n'y ait pas eu de distinctions ! »
Au général Dumas, qui eût vo'ulu voir donner la Légion d'honneur aux militaires seulement et pour faits de guerre, il répondit :
« Dans tous les pays, la force cède aux qualités civiles. Ce n'est pas comme général que je gouverne, mais parce que la nation croit que j'ai les qualités civiles nécessaires au gouvernement. Si l'on distin-
guait les honneurs en militaires et en civils, on établirait deux ordres, tandis qu'il n'y a qu'une nation; si l'on ne décernait des honneurs qu'aux militaires, ce serait encore pire, car la nation ne serait plus rien. »
Le projet fut adopté le 19 mai, grâce aux efforts du premier consul, mais à de faibles majorités : quatorze voix contre dix au Conseil d'Etat, cinquante-six contre trente-huit au Tribunat, cent soixante-dix contre cent dix au Corps législatif.
La Légion d'honneur fut divisée en quinze cohortes, a3'ant chacune son chef particulier et à chacune desquelles étaient affectées des portions de biens nationaux portant deux cent mille livres de rente.
L'Assemblée constituante, ayant voté l'égalité des citoyens devant la loi, dut décréter l'unité de la législation française, car on comptait, en France, près de quatre cents coutumes locales et de cent cinquante coutumes générales.
Bonaparte devait avoir l'honneur de faire l'unité décrétée par la Constituante en présentant le Code civil, œuvre remarquable entre toutes, qui contenait la plupart des dispositions de notre droit privé et réglait l'état des personnes, le droit de propriété et le droit de créance.
Le premier consul prit une très large part à la rédaction du Code civil, qui fut préparé par une commission composée de Bigot de Préameneu, Tronchet, Portalis et Malleville, et promulgué dans son entier le 21 mars 1804.
Les grands travaux dont nous venons de parler n'absorbaient pas entièrement la prodigieuse activité du premier consul.
Sous l'impulsion de son génie, le commerce renais-
sait, l'agriculture doublait ses produits, on construisait des routes et des ponts, on établissait le canal de Saint- Quentin, on traçait la magnifique route du Simplon entre la France et l'Italie, o:: étudiait celle du Mont-Cenis.
Les lettres, les arts et les sciences contribuaient à l'éclat de cette belle période de notre histoire.
Chateaubriand donnait son Génie da Christianisme; ^jme ^e Staél, son roman Delphine; Charles Nodier se faisait connaître avec Stella et les Proscrits; le marquis de Saint-Simon lançait ses Lettres d'un habitant de Genève.
Gros, Girodet, David, Guérin, exposaient des toiles dont quelques-unes font honneur à l'école française.
Laplace, Cuvier, Geoffroy de Saint-Hilaire, Haûy, produisaient des œuvres remarquables.
La France était comme une ruche en plein travail.
Chef militaire avant tout, habitué à commander des troupes, Bonaparte supportait mal la critique, si anodine, si timide fût-elle, et se montrait susceptible à l'excès.
C'était, pour un homme de gouvernement, un grave défaut de caractère.
Il ne comprenait pas qu'une assemblée ne peut faire de bonne besogne si à côté de la majorité ne se dresse pas une « opposition » sérieuse, toujours prête
à la discussion et à la critique. Il ne comprenait pas que l'opposition est nécessaire pour obliger la majorité à réfléchir, pour éviter les emballements qui conduisent souvent à de lourdes fautes.
Une assemblée sans opposition est une machine sans frein.
Certains chefs d'Etat l'ont si bien compris, qu'ils se réjouissaient lorsque les électeurs donnaient à l'opposition des hommes de valeur. <
Bonaparte, lui, eût voulu se passer de frein.
Il le prouva lors du premier renouvellement du Tribunat, en écartant de cette assemblée, par le sénatus-consulte du 12 mars 1801, des hommes comme Benjamin Constant, Chénier, Daunou, Andrieux, et en employant le même procédé à l'égard du Corps législatif.
C'était une faute.
Mais Bonaparte avait hâte de réaliser complètement le rêve qu'il caressait depuis si longtemps, il avait hâte de devenir le chef inamovible de la France.
Or, pour cela, l'opposition le gênait et l'inquiétait.
Lorsqu'il fut débarrassé de certains hommes qu'il redoutait un peu, les événements se précipitèrent.
Profitant de l'enthousiasme causé par la paix d'Amiens, le tribun Chabot proposa de décerner au premier consul un témoignage éclatant de la reconnaissance nationale, et le Sénat, délibérant sur ce vœu, prorogea pour dix ans, par un sénatus-consulte du 11 mai 1802, les pouvoirs du chef de la république.
Ce n'était pas encore ce que voulait, ce qu'avait espéré Bonaparte.
Aussi déclara-t-il ne vouloir accepter une décision qu'après avoir consulté la nation.
Il la consulta, mais en posant la question suivante ; « Bonaparte sera-t-il nommé consul à vie? »
C'était demander à la nation ce que le Sénat n'avait pas accordé.
Trois millions cinq cent soixante -huit mille voix favorisèrent l'ambition du premier consul.
Fort de ces suffrages, Bonaparte proposa au Sénat le projet d'une constitution nouvelle qui étendait considérablement les pouvoirs du premier consul et augmentait sa puissance.
Le Sénat vota le projet sans modification.
On lui avait fait, du reste, la part du lion. En effet, il était porté de quatre-vingts à cent vingt membres et devenait le corps Iç plus important de l'État.
Aux termes du projet, il nommait le Tribunat et le Corps législatif et pouvait les dissoudre.
Quant au premier consul, il recevait le droit de grâce, pouvait conclure seul des traités en consultant seulement un conseil privé, et était autorisé à désigner son successeur.
Au titre près, Bonaparte était roi de France.
Cela ne lui suffisait pas encore, son rêve n'était pas entièrement réalisé.
Le premier consul , qui voyait grand , voulait sans cesse, même en période de paix, augmenter le domaine de la France. C'était s'attirer bien des haines, aller au-devant de bien des ennuis et de bien des dangers.
Le gouvernement annexa le Piémont, qui fut divisé en six départements et soumis à l'administration française ; déjà les états de Parme avaient été réunis à la France lors de la mort du duc régnant.
Enfin, se souvenant que l'île de Saint-Domingue avait été, au xviiie siècle, la plus riche de nos colonies , le premier consul forma le projet de reprendre cette île.
En même temps le gouvernement exigeait le règle-
ment par l'Allemagne des indemnités convenues en principe au traité de Lunéville, indemnités qui devaient être fixées par la diète siégeant à Ratisbonne, et faisait intervenir la Russie dans cette question.
Après le 18 brumaire, le premier consul ayant reconnu la liberté des noirs, un nègre de Saint- Domingue, Toussaint Louverture, qui avait chassé les Anglais de l'île, se mit à la tête de la colonie, distribua les terres aux indigènes et les obligea à les cultiver.
En juillet 1801 , Toussaint Louverture , qui se faisait appeler le Bonaparte des noirs, donna à l'île une constitution aux termes de laquelle il était nommé gouverneur à vie.
Cette constitution devenait une charte d'indépendance.
Le Bonaparte des blancs ne voulut pas reconnaître l'indépendance de Saint-Domingue et répondit à Toussaint en expédiant vers l'île une petite armée de vingtdeux mille hommes sous les ordres du général Leclerc, mari de Pauline Bonaparte.
Toussaint, vaincu, dut faire sa soumission.
Bonaparte commit alors une véritable faute en rétablissant, par une loi du 20 mai 1802, l'esclavage dans les colonies françaises.
Les nègres se soulevèrent, et Toussaint Louverture leva une nouvelle armée qu'il conduisit contre nos soldats épuisés par les fièvres.
Nos troupes, sans cesse harcelées, résistaient avec peine, et Leclerc n'était pas sans inquiétude sur le résultat de la lutte.
Croyant qu'il y mettrait fin en s'emparant de Toussaint, il eut recours, pour se débarrasser de cet ennemi dangereux, à une véritable trahison.
Sous le prétexte d'engager des pourparlers en vue d'une entente possible, le général attira le chef des noirs à bord de son vaisseau, le Gt prisonnier et l'envoya en France , où il mourut en 1803 , au fort de Joux.
Leclerc ne devait pas revoir son pays : le li juillet 1802, il mourut à Saint-Domingue, emporté par la fièvre jaune.
Le premier consul le remplaça par Rochambeau, qui trouva devant lui Dessalines , un des lieutenants de Toussaint, et ne put lui opposer qu'un squelette d'armée.
Rochambeau lutta jusqu'à l'année suivante, espérant toujours recevoir des renforts; mais, un beau jour, il apprit la rupture de la paix d'Amiens et dut perdre tout espoir d'être secouru.
Pour sauver ses malheureux soldats, il fut obligé de capituler.
Le gouvernement anglais, qui s'était résigné avec peine à la paix d'Amiens , avait vu d'un mauvais œil l'annexion du Piémont et la façon dont nos règlements s'effectuaient avec l'Allemagne.
D'autre part, une mission du colonel Sébastiani dans le Levant pour y rétablir l'influence française, l'envoi de l'amiral Linois et du général Decaen à l'île de France et dans l'Inde et enfin l'expédition de Saint- Domingue avaient donné à l'Angleterre de nouveaux sujets de crainte et de mécontentement.
Elle refusa d'évacuer Malte.
« J'aimerais mieux, dit Bonaparte à son ambassadeur, vous voir en possession des hauteurs de Montmartre que de l'île de Malte. Voulez-vous la paix ou la guerre ? »
L'Angleterre voulait la guerre
Le 17 mai, son ambassadeur, lord Withworth, demandait ses passeports, et, le 22, la paix était rompue.
L'Angleterre lança aussitôt ses escadres sur toutes les mers et nous enleva, au mépris de tout droit, plus de douze cents bâtiments.
Bonaparte répondit à cet acte inqualifiable en faisant arrêter tous les sujets anglais qui se trouvaient sur le territoire de la république, en interdisant la vente et l'achat des marchandises anglaises, en occupant Tarente, Otrante et Brindisi et en s'emparant du Hanovre.
En même temps, il prépara une descente en Angleterre.
La rupture de la paix d'Amiens et les menées de l'Angleterre causèrent un certain trouble dont voulurent profiter les ennemis du premier consul, notamment Georges Cadoudal, qu'on accusait déjà d'avoir dirigé de loin l'affaire de la machine infernale.
Cette fois, Cadoudal voulut opérer lui-même, et, en compagnie de ses complices, il débarqua entre Dieppe et le Tréport devant la falaise de Biville.
Au nombre des conjurés se trouvait le général Pichegru.
Le débarquement s'effectua d'une manière originale.
En face d'une tour à signaux était fixé un câble connu sous le nom de corde des contrebandiers^ parce que les contrebandiers se servaient de ce câble pour introduire leur marchandise. La fameuse « corde », qui avait ses surveillants chargés de l'entretenir et dont l'usage n'était permis que moyennant une rétribution, s'enroulait par places autour de gros pieux fichés en terre sur le flanc de la falaise.
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Un homme qui gravissait la falaise par cette voie courait un réel danger.
Gadoudal et ses compagnons se servirent de la corde des contrebandiers pour pénétrer en France.
Leur entreprise ne devait pas réussir.
Dénoncés par un nommé Querelle, qui avait servi sous les ordres de Gadoudal en Vendée, ils furent arrêtés, ainsi que le général Moreau, qui, poussé par sa femme, M"^ Hulot, avait quitté sa terre de Grosbois et était entré en relation avec Pichegru.
Georges Gadoudal et un certain nombre de ses complices furent condamnés à mort.
Moreau se vit infliger deux années d'emprisonnement; mais il obtint du premier consul la transformation de sa prison en une peine d'exil.
Quant à Pichegru, il s'était étranglé dans sa chambre, à la prison du Temple.
On le trouva couché sur le côté droit, ayant autour du cou une cravate de soie noire qu'il avait d'abord serrée, puis tordue à l'aide d'un morceau de bois de six pouces de longueur. Sur sa table de nuit, il y avait un livre ouvert et renversé, un volume de Sénèque; à la page ouverte, on lisait cette pensée : « Celui qui veut conspirer doit avant tout ne pas craindre de mourir. »
Au cours de son procès, Gadoudal déclara qu'il n'avait pas agi plus tôt parce qu'il attendait l'arrivée à Paris d'un prince de la maison de Bourbon.
On chercha, on se demanda quel pouvait être ce prince, et l'on pensa au duc d'Enghien, qui se trouvait à Ettenheim, sur le territoire du grand-duché de Bade.
Bonaparte, qui était exaspéré, voulut frapper un grand coup, et il fit enlever le malheureux prince par les dragons du général Ordener.
Le duc d'Enghien, conduit à Vincennes, passa devant une commission militaire présidée par le général Hulin, fut interrogé et condamné dans la même journée et fusillé pendant la nuit dans les fossés du château.
Pour que les soldats pussent viser dans l'obscurité, on avait placé une lanterne sur la poitrine du condamné.
Le lendemain, Bonaparte parut absorbé dans une rêverie profonde. Après le dîner, lorsqu'il se leva de table, il dit tout à coup, d'une voix rude :
« Au moins ils verront ce dont nous sommes capables, et dorénavant on nous laissera tranquille. »
Il avait voulu effrayer ses ennemis.
Peut-être y réussit -il. Mais la mort du duc d'Enghien, qui souleva l'indignation des honnêtes gens, pesa comme un crime sur la conscience du premier consul et pèse aujourd'hui encore sur sa mémoire.
Bonaparte voulut mettre à profit l'émotion que soulevait le complot Cadoudal pour assurer enfin la complète réalisation de son rêve.
Le 2 mai 1804, le tribun Curée émit le vœu que le gouvernement de la république fût confié à un empereur héréditaire. Ce vœu ne rencontra au Tribunat que l'opposition de Carnot, et, le 18 mai 1804, un sénatus- consulte proclamait la nouvelle constitution.
Bonaparte était empereur des Français et allait régner sous le nom de Napoléon.
Le 6 novembre, un plébiscite lui donna 3572329 « oui » contre 2569 « non ».
On nomma six grands dignitaires de l'empire : archi- chancelier de l'empire, Cambacérès; archichancelier d'Etat, Eugène de Beauharnais ; grand
électeur, Joseph Bonaparte; archi-trésorier, Lebrun ; connétable, Louis Bonaparte; grand amiral. Murât.
Il \ eut aussi des grands officiers de l'Empire (maréchaux -sénateurs, maréchaux, inspecteurs généraux militaires, officiers de la couronne).
Kellermann, Lefebvre, Pérignon, Sérurier, furent maréchaux - sénateurs .
Devinrent maréchaux: Jourdan, Berthier, Masséna, Brune, Murât, Bessières, Monce}^ Mortier, Soult, Davout, Lannes, Ney, Augereau, Bernadotte.
Junot, Baraguay-d'Hilliers et Marmont furent faits colonels - généraux.
Comme sous la baguette d'une fée, une cour se constitua aux Tuileries autour des nouveaux souverains.
Il y eut un grand aumônier, Fesch, oncle de l'empereur; un grand veneur, Berthier; un grand chambellan, Talleyrand ; un ^rand maréchal du palais, Duroc; un grand maître des cérémonies, Ségur.
Une société nouvelle semblait naître sur les ruines de l'ancienne.
La France se trouvait à un tournant de son histoire.
Quant à Napoléon, il voyait finir le rêve de Bonaparte dans une réalité plus éblouissante encore que le rêve.