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L'OEUVRE DU CONSULAT

deux peuples , et de se rapprocher de la libre Amérique.

La mort de Washington lui fournit l'occasion qu'il désirait.

Il ordonna un deuil national et adressa aux armées un ordre du jour vibrant dans lequel il exaltait les vertus du grand homme.

L'Amérique répondit à cette courtoisie en signant, le 1^^ octobre 1800, le traité de Morfontaine, qui reconnaissait le principe des neutres.

C'était un coup droit porté à l'Angleterre, en ce sens que les Etats-Unis se trouvaient détachés de l'alliance anglaise.

Bonaparte porta un autre coup à notre ennemie en profitant de ses fautes pour lui enlever l'amitié de l'empereur de Russie Paul P^.

L'Angleterre allait avoir contre elle toute l'Europe, lorsque Paul P'" fut assassiné et remplacé par Alexandre. Ce souverain se rapprocha de notre ennemie, mettant ainsi obstacle aux projets de Bonaparte, qui voulait renverser la puissance anglaise dans l'Inde.

Le consul résolut alors d'attaquer l'Angleterre chez elle.

Les côtes de France furent armées de batteries et de redoutes, on construisit de nombreux bateaux plats destinés à porter toute une armée au delà du détroit, et Latouche-Tréville, marin de grande réputation, fut chargé d'organiser et de commander cette flottille, dont le noyau se trouvait à Boulogne.

L'Angleterre, effrayée, chargea Nelson d'attaquer les Français et de détruire leurs bateaux.

Nelson obéit; mais, après un sanglant combat de nuit, il dut se retirer sans avoir pu emmener ou détruire une seule des embarcations. L'échec de Nel-

son poussa l'Angleterre à entamer des négociations qui aboutirent, le 25 mars 1802, au traité d'Amiens.

Ce traité assurait la reconnaissance de nos acquisitions continentales et des républiques que nous avions fondées. Il nous rendait les colonies que nous avaient enlevées les Anglais, à l'exception de la Trinité et de Ceylan.

La signature de la paix provoqua dans la France entière une véritable explosion d'enthousiasme; de grandes fêtes furent célébrées partout, et partout le nom de Bonaparte fut acclamé par la foule en délire. La France atteignait alors ses limites naturelles et se trouvait défendue par le Rhin, les Pyrénées et l'Océan.

Attelé à sa lourde tâché, soutenu par la grandeur de son œuvre, le premier consul ne prenait pas un instant de repos. Souvent, après avoir présidé pendant le jour une séance du Conseil, il travaillait toute la nuit avec ses ministres, les secouant lorsqu'ils tombaient de sommeil et leur disant :

a. Allons, citoyens, réveillez -vous; il faut gagner l'argent que nous donne le peuple français. »

Tous ses collaborateurs étaient surmenés, harassés.

« Ce diable d'homme nous tuera, » disait un jour l'un d'eux.

Le diable d'homme était partout, fouillait partout, connaissait chaque ministère mieux que le ministre lui-même, chaque bureau mieux que les commis. Son activité tenait du prodige.

A ceux qui s'étonnaient de sa résistance ph3'sique, il répondait :

« Simple question d'organisation ! Ma tête est une armoire où chaque affaire a sa case; les affaires ne se mêlent point l'une avec l'autre et jamais ne me gênent

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