‹ La Jeunesse de BonaparteChapitre 4 sur 25 · PARTS · texte numérisé non relu

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soigner de violentes douleurs d'estomac et était mort dans cette ville, chez M™^ Permon, le 24 février.

a L'agonie, disait -on au jeune homme, a été terrible, et bien que le malade eût auprès de lui Fesch et Lucien, il ne cessa de vous réclamer à grands cris. »

Napoléon sut, plus tard, que son père, au cours de la terrible agonie, le suppliait de lui apporter le secours de « sa grande épée ».

Sans doute, au seuil de la tombe, l'ancien lieutenant de Paoli eut comme une vision de l'avenir.

D'un procès -verbal d'autopsie signé par les docteurs Farjon, Lamure, Bousquet et Favre, il résultait que Charles Bonaparte avait été emporté par un cancer de l'estomac, mal que l'on considérait alors comme héréditaire.

L'acte de décès était ainsi rédi.£!é.

« L'an 1785, le 24 février, est décédé messire Charles Bonaparte, mari de dame Laetitia de Ramolini, ancien député de la noblesse des Etats de Corse à la cour, âgé de trente- neuf ans à peu près.

« Registre de la paroisse de Saint-Denis, à Montpellier, dont copie. »

Lorsque Bonaparte devint premier consul, la municipalité de Montpellier voulut élever un monument sur la tombe de Charles Bonaparte.

Le consul s'y opposa, en disant ;

« Ne troublons point le repos des morts; laissons leurs cendres tranquilles. »

Néanmoins, son frère Louis fit, par la suite, exhumer le corps, et le transporta à Saint-Leu.

Napoléon n'aimait pas qu'on rappelât devant lui la mort de son père.

Cet empereur, qui avait assisté, impassible, à tant de batailles sanglantes, frissonnait à la pensée du mal mystérieux qui avait tué Charles Bonaparte et que les médecins déclaraient héréditaire. Souvent, dans l'enivrement du triomphe, au milieu de sa cour, il se demandait si l'affreux mal ne dormait pas en lui, s'il ne devrait pas perdre brusquement le bénéfice de ses succès et de sa gloire.

Le colosse qui faisait trembler les rois tremblait à son tour devant une maladie dont la garde fidèle qui veillait aux portes de son palais ne pouvait le défendre.

Cette crainte troubla la vie de Napoléon et fut souvent cause de ses accès de tristesse ou de mauvaise humeur.

Sur le rocher de Sainte- Hélène, lorsqu'il sentit chanceler sa santé, la peur du cancer le harcela sans cesse, et, presque chaque jour, il demandait aux médecins s'il n'allait pas mourir comme était mort son père.

En août 1785, Napoléon subit avec succès les examens de sortie de l'Ecole et fut nommé lieutenant en second d'artillerie. Aj^ant reçu en octobre le brevet de son grade et l'ordre de rejoindre, à Valence, le régiment d'artillerie de La Père, il partit presque aussitôt, en compagnie de son ami des Mazis, nommé au même régiment.

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