‹ La jeunesse de Bougainville et la Guerre de sept ans [microforme]Chapitre 102 sur 113 · Lévis à Bougainville, 18 octobre · texte numérisé non relu

Lévis à Bougainville, 18 octobre

2. Kingsford estime que Montcalm ne pouvait se dispenser d'attaquer. « Chaque heure augmentait l'effectif de l'ennemi et le rendait plus formidable. Déjà, pendant la bataille, les marins anglais amenèrent sur la hauteur de l'artillerie et des munitions. Les navires portaient une troupe de réserve importante, que l'on pouvait mettre à terre en peu de temps » (IV, 279-280). Montreuil, qui d'abord avait fait des représentations sur l'inconvénient d'attaquer trop tôt, reconnaît que, si l'on eût « tardé d'un instant à marcher aux ennemis, ils eussent été inattaquables par la position favorable dont ils allaient s'emparer, ayant même commencé des retranchements sur leurs derrières » (Dussieux, p.311; l'abbé Casgrain supprime cette dernière phrase). M, de Bonnechose et le P. Martin citent une étude du colonel anglais Beatson, qui donne complètement raison à Montcalm. Hart, il est vrai, cite au contraire le Gal Smythe, Precis of the wars of Canada, qui blâme toutes les opérations de Montcalm, y compris son relranchement dans la plaine de Beauport; mais il est diflicile de prétendre qu'à Beauport Montcalm ait cchoué contre Wolfe. En somme, l'événement justifia le calcul de l'état-major anglais dans la note du 29 août signée des trois géréraux de Wolfe : « Si nous parvenons à nous implanter sur la côte nord, le M de Montcalm sera obligé de nous combattre dans les conditions que nous voadrons, on our own lerms (Mante, p. 252).

3. « Votre manœuvre était bonne, Il fallait détacher un corps pour garder Jacques-Cartier, si le Cap Rouge eût paru trop près où mauvais à garder; déblayer le camp de Seauport; jeter des vivres dans Québec, quand on eût dû jeüner pour cela. Votre troupe eût couvert cetle retraite au moyen de la petite rivière el puis par les bois. M. le Ch°' de Lévis, amenant des renforts ct marchant aux ennemis, les aurait embarrassés. Peut-être seraient-ils rembarqués à présent » (A Bougainville, 30 septembre),

4, Pour ses autres déplacements durant l'hiver, cf, Malartic, 13 novembre 1759, 23 février et 17 mars 1760.

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mandement de l'ile aux Noix, à la sortie du lac Champlain. Le poste avait été occupé pendant tout l'été et l'hiver précédents par Bourlamaque. Mais, celui-ci promu au second rang de l’armée par la mort de Montcalm, i! était naturel que Bougainville, passant au troisième rang, prit sa place. Encore Bourlamaque avait-il soin de demander que, si Bougainville était blessé, on le renvoyät commander cette partie! Lévis, ea effet, ne laissait pas d’être très préoccupé de ce côté, car il ne s'agissait de rien moins que d'arrêter le plus longtemps possible, durant la campagne prochaine, avec de très faibles moyens, l'armée du général Ambherst qui descendait sur Montréal. Pendant cette première partie de la saison, Bougainville n'eut à s'occuper que de ses préparatifs. Il n’eut point à se mêler de la campagne qui aboutit à la bataille de S'.Foye et au second siège de Québec. Mais il avait trouvé dans Bourlamaque, qui, depuis la mort de Montcalm, avait reporté sur lui sa meilleure amitlié?, un correspondant plein de sens et d'esprit. Bourlamaque lui donnait, avec plus d’un grain de malice, des nouvelles du quartier général, auxquelles il ajoutait volontiers celles de l'Hôtel des Indes, demeure de M"° d'Eschambault, dont l'affection pour Bougainville n'avait rien perdu de sa force depuis que semblait éteinte, sur le terrain d'Abraham, la longue querelle de Montcalm et de Vaudreuil*. Bourlamaque, du reste, paraissait avoir hérité

{. Bourlamaque à Lévis, 22 août 1760. — Au mois d'octobre précédent, Vaudreuil avait voulu y envoyer Lévis, et celui-ci n'avait refusé que pour empêcher l'ennem; de tomber en son absence sur Jacques-Cartier, et aussi parce qu'il ne croyait pas que les Anglais pussent alors s'emparer de l'île ni passer outre sans la prendre (Lévis, Journal, 19 octobre). Les papiers de Bougainville comprennent un beau pian de l'île aux Noix avec ses défenses.

2. Les deux amis paraissent n'avoir pas été fort intimes au premier abord. « Bourlamaque s'est très bien conduit, » écrivait Montcalm à Lévis, au lendemain de la prise de Chouaguen, « et, pour vous le prouver, Bougainville en convient » (17 août 1756). Mais Désandrouins explique que Bourlamaque avait commis à l'ouverture du siège deux ou trois grosses fautes qui avaient justement excité la surprise et la critique de Bougainville (p. 53, 57). Montcalm, de même, au début, n'appréciait qu'à demi son second lieutenant (Montcalm au ministre, 1° novembre 1756; Dussieux, p. 216). Plus tard, il lui rendit pleine justice,

3. Lévis lui communiquait les nouvelles de Bougainville. « L'intérêt, sans doute, que votre général sait que je prends à ce qui vous regarde lui a donné l'envie de me faire part de vos projets, et, en cela, il n’a pas tort, puisqu'ils me seront toujours chers, sans autre motif que de vous savoir content » (18 juillet 1760). « Le pauvre Cornier [ami intime de Bougainville] n'est plus ; ainsi, vous me restez seul et Dieu par dessus tout À qui je me confie [pour] qu'il vous conserve » (21 juillet). Au milieu de ces etfusions et d’autres encore qui relèguent un peu au second plan M. d'Eschambault, il est question d'un projet de fiançailles dont « il y a bien la moitié de fait, » quoique l'on soit dans

la verve du général, pour juger les prétentions du gouverneur, Bougainville avait avec lui le fameux ingénieur Lotbinière, dont les idées agréaient particulièrement à Vaudreuil.

« Vous voyez, mon cher Bougainville, qu’il y aura correspondance entre le gouverneur général et votre ingénieur en chef, Je vous félicite d'avoir avec vous l'homme de confiance, d'autant plus que cela ne vous empôchera pas d'aller votre train... M, de Lévis veut partir le 15, Je souhaite qu'il le puisse; il est bien temps!, » — « Nous sommes au moment de notre départ. Il est encore incertain 8i M, de Vaudreuil so mettra à la tête des troupes, Le général de terre agit comme s’il devait ôtre en chef, Les femmes disent qu'il est bien animé et que sûrement il réussira. Jo le crois, et, quand il aura réussi, je prodiguerai l'hommago et la vénération qui sont dus rebus in arduis?,

« Je ne vous ai donc pas trompé sur l'ennui qui doit accompagner l'honneur d'avoir avec vous un prince du sang et no suis pas trop fiché qu’à votre tour vous y essuyiez les longues et fastidiouses dissertations du personnage... Nous partons demain, Je prends les devants. Je souhaite que tout se mette en mouvement comme nous l'espérons?, »

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Los Sen ana

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Arrive la bataille de S'-Foye; et Bourlamaque, sur le désir de Lévis, en envoie à Bougainville un récit qui n'était peut-être pas tel que Lévis l’eût souhaité ?, mais qui confirme assez L'en la narration de Parkman.

PEN D Sa mem pur

L « À St-Foix, le 3 mai, pour vous seul... M. le chevalier de Lévis mo \# mande de vous faire part des opérations, J'ai déjà raconté jusqu'au 2? au #oirf,

une position «un peu critique pour en parler » et qui intéresse vivement le cœur de Bougainville ; mais nous ne savons ce dont il s'agit.

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