‹ La jeunesse de Bougainville et la Guerre de sept ans [microforme]Chapitre 104 sur 113 · FE · texte numérisé non relu

FE

« On dit ma blessure peu dangereuse; mais, quand cela serait, je ne puis sortir de mou lit, où je suis peut-être pour trois mois, au désespoir de n’être bon à rien!. Le chevalier est bien heureux. On ne peut pas s’exposer davantage. Il fait bon naître parent ds la Vierge; cela vaut mieux que de faire ses pâques?. Quoique les troupes aient remis l’affaire d’elles-mêmes et par leur courage, il a bien de l'honneur éans son fait. Cependant les troupes en auront encore plus. Notre perte serait bien moindre et celle de l’ennemi bien plus grande si les troupes eussent été à portée d'arriver3.…..

« P.-S,— Ne dites de cette lettre que ce que vous croirez convenable; surtout diminuez notre perte. »

Le 23 mai, nouvelle lettre de Bourlamaque pour Bougainville seul :

« … Je suis bien sensible à l'intérêt que vous voulez bien prendre à ma santé. Ma blessure va bien, et dans quinze jours j'aurais marché avec des béquilles si le tracas du transport n'avait reculé ma guérison, joint au travail que j'ai eu à faire sur mon grabat pendant quelques jours, pour aider tant soit peu M. le Cher de Lévis dans les détails de sa retru,te.

« Je ne sais s’il vous a instruit de ce qui s'est passé depuis le 15, l'ayant quitté avant-hier à Jacques-Cartier. A tout hasard, je vais profiter d’un peu de relâche que j'ai aujourd'hui pour vous en faire part. Ne publiez que ce que vous jugerez convenable.

« Nos batteries commencèrent à tirer le 11. On s’aperçut bientôt qu’on ne pourrait faire brèche avec le peu de munitions que nous avions, perce qu’on était un peu loin. D'aileurs, la plupart des pièces se trouvèrent crevées dans les deux premiers jours, surtout les plus grosses. Je crois que, livrées à l’ardeur des canonniers, elles n’ont pas été assez

1. Le 2? juillet, en effet, Bourlamaque écrit : « Ma blessure ne guérit point, malgré tout le coin que je prends pour la guérir. Cela ne m’empéchera pas de partir avec les autres. Je ferai ce que je pourrai. » « Je garde la chambre depu's quelques jours, mais ma plaie n’en devient pas plus empressée à se fermer, Cela est bien long » (11 juiilet).

2. On sait qu: la maison de Lévis se flatte d'être apparentée à la Ste- Vierge, par la tribu de Lévy. À son tour, Lévis plaisantait Bougainville : « Si vous étiez une bonne âme, je vous prierais de prier Dieu pour le beau temps » {6 octobre 1759), Mais, au fond, les uns et les autres avaient un scepticisme d’apparat qui se dissipait dans les grandes occasions. « L'usage est en Amérique, » dit Bougainville, « que les troupes qui ont eu un avantage en chantent eiles-mêmes le T2 Deum, et j’approuve fort cet usage. Clovis se fit baptiser et remercia Dieu de sa victoire, à la tête de ses troupes, sur le champ de bataille de Tolbiac » (Journal, 12 juillet 1758).

3. « Notre armée était si fatiguée que les troupes, en les poursuivant la baïonnette au bout du fusil, les touchaient presque sans pouvoir les ea percer » (Bigot à Bougainville, ? mai). Vaudreuil écrivit aussi le 2 mai uae longue lettro de récit à Bougainville.

it, je ne ésespoir peut pas ela vaut mis l’afans son te serait eussent

venable ;

Ile seul :

rendre à marché uérison, uelques Stails de

is le 45, ais prore part.

bientôt s avions, se trouosses. Je té assez

rit point, ra pas de chambre à se fer-

le. Vierge, « Si vous

temps »

epticisme en Améchantent aptiser et e bataille

ivant la

percer » 1

e longue

ménagées. L'ennemi en démonta aussi plusieurs, qu’on remplaça par du 12; et, le 13, dans un conseil tenu chez moi, il fut décidé que l’on temporiserait dans la position où l’on se trouvait, pour ne pas se dégarnir tout à fait; que les pièces ne tireraient chacune que vingt coups par jour, et qu’on attendrait les secours d'Europe.

« Le 15, à dix heures du soir, M. de Lévis eut nouvelle que deux vaisseaux de guerre arrivaient dans la rade, Il ne douta pas qu’ils ne fussent anglais et prit le parti de se retirer, sûr que nos frégates seraient attaquées le matin. Il ordonna que les pièces sortiraient des batteries sur-le-champ, pour être embarquées au Foulon. Nos frégates étaient mal armées et dépourvues d’équipages. Elles couvrirent les deux flûtes et nos autres transports qui étaient devant l’anse du Foulon. »

Après avoir raconté l'engagement de Vauquelin contre deux frégates anglaises et un vaisseau de 54, puis ajouté que l’Afalante fut prise « tellement délabrée que les Anglais la brûlèrent aussitôt, » Bourlamaque arrive aux détails qui lui sont personnels et dépeint la retraite sous un jour moins ordonné que ne la montre l'abbé Casgrain :

« J’arrivai sur mon brancard au Cap-Rouge à huit heures du matin, fort étonné d’y voir tous nos bâtiments, que je croyais bien loin. Tous les Canadiens fuyaient. Je fis garder le pont par des officiers de bord, Ils s’échappèrent par Lorette et par les ponts du haut de la rivière. Fort peu restèrent avec les troupes. Je trouvai 120 bateaux, pas une garde, pas une rame. Seul, avec quelques blessés, je rassemblai une trentaine de Canadiens et, avec les équ'pages, je commençai à faire décharger les poudres et les farines. Heureusement le vaisseau de 54, que j'attendais à toute heure, retourna à Québec. Je demandai en vain toute la journée un détachement et les rames qui étaient au Foulon; on ne put m’en envoyer. Je fis faire quelques rames et je partis à l’entrée de la nuit, avec une goélette chargée de farine et cinq bateaux où j'avais fait mettre les poudres pour passer de nuit par le sud, devant les frégates anglaises. Le vent devint si violent, lorsque je fus au delà de ces frégates, que mes bateaux et plusieurs autres partis du Foulon, qui avaient pris la même route, furent dispersés. Trois, chargés de poudre, périrent, ainsi que plusieurs des autres; ce qui se sauva resta dégradi deux jours, ainsi que moi, à Ste-Croix. Et j’arrivai avec bien de la peine à Jacques-Cartier, le 18 au soir.

« Le 16 au matin, M. de Lévis ordonna que les pièces de siège, les vivres, munitions et le bagage des troupes fussent embarqués dans les petits bateaux qui étaient au Foulon,. Le vent était fort, le fleuve agité, le vaisseau de 54 canonnait, les Canadiens se sauvaient, le magasin cù étaient les boissons fut abandonné. Les soldats furent bientôt ivres. D'ailleurs, peu de chefs, peu de majors, moins de discipline que vous n’en avez jamais vu. Plusieurs bataillons perdirent presque tous leurs bagages. Le canon fut jeté en bas de la côte et il y resta. Quand le départ du vaisseau eut laissé cette partie un peu plus calme, on embar-

US Ce

DE oi PRE 1,

once enitranens tr cr Tnien ere

Page 1