‹ La jeunesse de Bougainville et la Guerre de sept ans [microforme]Chapitre 19 sur 113 · ELA ANIME · texte numérisé non relu

ELA ANIME

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bourgeois de Paris possédant une certaine fortune, qu’il dévouait à la gloire de ses neveux avec son crédit et sa fertilité de ressources. It connaissait de longue date la marquise de Pompadour et lui était resté fidèle, malgré son élévation. Elle l’appelait familièrement « Boubou, » lui confiait des missions délicates, comme celle d'éloigner son mari pour l’expédier en ambassade chez les Turcs, — mission, du reste, où d’Arboulin perdit toute sa diplomatie, — et lui accordait dans son cabinet de petites entrées qui lui permettaient d’y

Lavallée, commissaire de l'artillerie à l'armée du prince de Conti en Catalogne (1656). Son prénom de Claude, qui revient fréquemment dans la famille, prouve sa parenté. A la fin du xvu° siècle, la famille est représentée par Louis d’Arboulin, l'un des douze marchands de vins privilégiés de la ville de Paris, qui eut pour fils Pierre et Louis, dont les armes figurent, en leur qualité de gros bourgeois, dans l'armorial de France. Pierre, dont la fortune s'était faite dans le commerce des bois, eut, entre autres enfants, Marie-Françoise de Bougainville, mère du navigateur, et Jean-Potentien d’Arboulin, dont nous venons de parler, Louis d'Arboulin, frère de Pierre, retiré des aflaires, où il avait succédé à son père, se qualifie de conseiller du roi et laisse une assez nombreuse descendance, entre autres un certain Louis-Carloman, contre lequel la famille accumule toutes les précautions testamentaires pour l'empêcher de manger sa fortune. Ce Louis-Carloman, cousin germain de Me de Bougainville, est-il le même Louis-Carloman qui épousa dans l'Inde, à Chandernagor, le 24 janvier 1735, Rose-Éléonore Albert, la plus jeune et la plus jolie des sœurs de M"° Vincent, la future M"° Dupleix? Nous n'avons encore pu nous en assurer, Ce sont probablement les enfants nés de ce mariage dont il est question, comme vivant dans l'Inde, d'après un testament d’un des frères de notre Louis-Carloman, mort en 1771. Il existe une troisième branche d’Arboulin sur laquelle nous n'avons que des renseignements incomplets, mais que nous trouvons par moments associée à la seconde branche et aussi à la famille de Dupleix. Marie-Madeleine Albert, sœur de Me Dupleix et de Mme Carloman d’Arboulin, avait épousé en premières noces, à Pondichéry, Jean-Baptiste Aumont, fils d'Anne d’Arboulin, natif de Paris. M° Aumont se remaria en secondes noces à Combault d'Auteuil, commandant de la cavalerie de Dupleix. Par une coïncidence toute singulière, la note anonyme que nous avons sous les yeux, et qui est évidemment écrite par une personne ayant feuilleté dans l’Inde même les actes de mariages, donne Combault d'Auteuil pour le beau-frère de La Bourdonnais. M. Julien Vinson, dans son édition du Journal d'Anandarangapoullé, après avoir donné la même indication, la rectifie aussitôt comme un lapsus, en remplaçant le nom de La Bourdonnais par celui de Dupleix. Si erreur il y a, comment la même erreur aurait-elle été commise par des auteurs si différents? Le détail serait à vérifier. D’Auteuil était-il à la fois le beau-frère de Dupleix et de La Bourdonnais? (Cf., pour la famille d'Arboulin, Bibl. nat., mss. Armorial de France, Paris, I, 461, et Versailles, 582 bis; Pièces orig., t. 974, dossier d'Arboulin, n° 21594. — Arch. nat., Y 31, fol. 312; 55, fol. 522: 61, fol. 349; 64, fol. 19; 66, fol. 55. — Güet « Jân Begum » (Mr° Dupleix), Revue maritime et coloniale, août, sept., oct. 1892; Émile Barbé, le Nabab René Madec. Paris, Alcan, 1895; M. Gaston Pierre, maire de Pondichéry, a bien voulu nous envoyer l'acte de mariage Aumontd’Arboulin. — Pour Jean-Potentien : Dufort de Cheverny, Mém., I, 320-322; Marmontel, Mém., éd. Tourneux, t. Il, p. 39-40; Collé, Journal, t. I, p. 3.)

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rencontrer le roi, toujours heureux de causer avec un esprit libre et désintéressé. D'Arboulin, dit-on, intriguait rarement pour lui-même. IL fut nommé, cependant, directeur des postes de l'Orléanais et s’adjoignit en cette qualité un neveu d'une autre branche, d’Arboulin de Richebourg, qui devint président du directoire des postes en 4794 !. Mais toute son ambition était surtout de voir réussir ses deux plus proches neveux, le littérateur et l'officier. Pour son humble part, il jouait son rôle dans la coulisse, dans le Tout-Paris de la Gomédie- Française, et s'entendait aussi bien à chuter une tragédie classique qu’à renverser un ministre philosophe : Voltaire et d’Argenson, si l’on croit la chronique, en apprirent quelque chose.

Me Hérault, fille, nous l'avons dit, de Moreau de Séchelles, alors intendant de Maubeuge, avait épousé en 1733 le lieutenant de police Hérault, déjà veuf, et qui la laissa veuve à son tour en 4740, sans fortune appréciable. Hérault était un honnête homme, ami plus ou morns des Jésuites, mais d’une religion sincère et dont la carrière s'était dépensée presque entière à la poursuite des Jansénistes, sous une grêle d’épigrammes, de chansons, de lardons qui nous égaient encore, malgré leur injustice mordante. Jeune et jolie, M"e Hérault n’avait point échappé aux insinuations malveillantes qui calomniaient alors toutes les femmes en évidence, quoiqu’elle n’eût jamais donné à la médisance la moindre prise sérieuse. Elle avait eu de son mariage un fils, le capitaine Hérault, dont nous avons déjà marqué l'intimité avec Bougainville. La charmante veuve avait pris sous sa protection et pour ainsi dire adopté l'ami de son fils. Si, comme l’assure Cheverny ?, Bougainville accompagnait le capitaine Hérault pour lui servir de mentor, ç'avait élé an trait génial d’astuce maternelle que d’avoir songé à discipliner l’une par l’autre deux têtes folles, trop pareilles d'humeur pour s'opposer mutuellement une sévérité inopportune, mais aussi trop loyales pour manquer d’un commun accord à la confiance qu'on leur témoignait. Non plus que son mari, M"° Hérault ne devait pas être janséniste, son père élant d’ailleurs connu pour ferme dans la bonne doctrine. Bougainville, s’il eût éprouvé réellement une inclination pour le Jansénisme, eût cherché sans nul doute une autre famille d'adoption. Par son entourage et sa parenté, M"° Hérault, « conseillère d'État, » possédait un crédit dont elle se servait avec une intelligence qui justifie l’espoir de Montcalm et de Bougainville en ses bons offices. Outre l'appui de son père, elle avait celui de M. de Marville et de M. Hérault, gendre et fils du premier lit de son mari,

1. Richebourg appartient à la branche de Louis d’Arboulin. 2. I, 133.

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