‹ La jeunesse de Bougainville et la Guerre de sept ans [microforme]Chapitre 20 sur 113 · OPA LL PES RES · texte numérisé non relu

OPA LL PES RES

AT PORN MALE

libre et i-même.

et s’adoulin de 4791 !.

ux plus part, il omédielassique nson, si

s, alors e police 0, sans plus ou re s'était ine grêle re, malait point s toutes a médiun fils, ité avec ction et verny ?, rvir de d'avoir areilles Jortune, la conrault ne r ferme ent une 1e autre lérault, vec une ville en e M. de 1 mari,

PT. Va

tous deux successivement, comme leur père et beau-père, lieutenants de police. Puis elle avait l'influence de son beau-frère, M. de Moras, le mari de sa sœur, bientôt aussi contrôleur général, après la démission de Séchelles, et qui devait ensuite déposer la canne traditionnelle à bec de corbin pour diriger le ministère de la marine. Mre Hérault se trouvait en mesure de déjouer ainsi l'hostilité des bureaux tout dévoués au gouvernement concussionnaire du Canada et de faire parvenir au gouvernement des avis sûrs'. On ne saurait, nous le verrons, écrire l’histoire de la campagne sans tenir compte de son action discrète, mais soutenue, comme intermédiaire dans les conditions difficiles que créait à Montcalm la jalousie de son rival, le Mis de Vaudreuil.

« Les nouvelles que vous me mandez de la santé de Mme Hérault sont, selon moi, fort mauvaises, » — écrivait Bougainville à son frère, en rade de Brest, le 29 mars 1756... — « Il est bien dur d’emporter une aussi cruelle inquiétude, avec l’idée d’être au moins cinq mois sans recevoir des nouvelles. Parlez-lui quelquefois de moi, mon cher frère, je vous en

1. L'abbé Casgrain, dans son antipathie pour tout ce qui touche à Bougainville, au lieu de prendre la simple peine de se renseigner en ouvrant les mémoires les plus connus sur le xvirr° siècle, comme ceux de Luynes et le Journal de Barbier, a préféré lancer contre M° Hérault une phrase à double sens perfide. Elle était, dit-il, parente de Bougainville « et toute puissante auprès de M. de Moras » (II, 12). Elle n’était pas, que nous sachions, parente de Bougainville; et son influence sur l'esprit du ministre s’expliquait de la façon la plus naturelle, en sa qualité de belle-sœur, comme l'abbé Casgrain, d’ailleurs, a pu le lire vingt fois dans les pièces qu'il a sous la main, notamment dans ce passage, où l’on voit la nature et la mesure de cette influence : « Comment notre maman est-elle avec lui? Je lui crois une amitié tendre pour une sœur à laquelle il a certainement des obligations. Mais je soupçonne des intrigues dans la famille. Mandez-moi si je me trompe et ce qui en est » (Bougainville à son frère, 3 juillet 1757). En revanche, il existait, ce semble, des alliances communes entre Montcalm et la famille Hérault. La première M° Hérault, née Ménier- Duret, était en effet la propre tante du président d’Aligre, qui avait épousé une Delie Talon, sans doute proche parente de la Mi de Montcalm, petite-fille elle-même de Denis Talon (cf. Luynes, Mém., t. XIV, p. 24; et le P. Sommervogel, p. 28-29). Aussi Montcalm n'hésite-t-il point à invoquer pour les siens le crédit de M° Hérault : « 11 prie M"° Hérault de recommander à M. de Moras M. de Montcalm-Saint-Véran, son cousin germain, capitaine de vaisseau, et M. son neveu, enseigne au département de Toulon » (Note des « Demandes de M. de Montcalm, » 1751, écrite par J.-P. de Bougainville). — Beaucoup plus tard, on retrouve Bougainville en relation avec un Talon dans l'affaire Favras (Marius Sepet, « Mirabeau et le comte de Provence, » Revue des Questions historiques, janv. 1895, p. 145-146, 166).

rm

a Te

prie, et entretenez l'amitié qu'elle veut bien avoir pour un malheureux enfant qui ne serait pas éloigné d'elle s’il eût pu prévoir les événements... Hélas! si l'inquiétude la plus vive ne me suivait au delà des mers, je n’y porterais que des idées agréables. Je suis enchanté de mon général, Il est aimable, plein d'esprit, fraric ot ouvert. J'ai tout lieu de croire qu'il prend de l'amitié pour moi, Il ne me cache rien, me fait même l'honneur de me consulter, honneur que je reconnais en ne con seillant pas. Il a fort envie de m'employer et de faire valoir mes faibles services, si je suis assez heureux pour en rendre, Que puis-je désirer de plus? Nous sommes actuellement en rade, aux ordres du vent. Le commandant de la Licorne, M. le Cher de la Rigaudière, est très aimable et un officier de la plus grande distinction, Il est ami du Cher Turgot. Parlez-lui-en, je vous en prie. Il m'a promis de m'apprendre autant de marine que faire se pourrait pendant le trajet... N'oubliez pas, mon cher frère, de retirer mes livres de chez Prault et faites-le attendre pour le paiement autant de temps qu'il m'a fait attendre pour me les rendre!, Je vous serai auesi fort obligé, quand vous enverrez un exemplaire de ma deuxième partie [du Traité de calcul intégral] à la 8. R. [Société royale], d’y en joindre un pour le président, Mylord Macclesfield?, avec une lettre à ce Mylord, de ces lettres qui ont huit lignes et qui disent ce que vous saurez bien écrire, laquelle vous ferez traduire en anglais par Vivant®, s'il est encore à Paris, ou par Clairault#.. Dites à mon père et à ma tante mille choses tendres pour moi, que je les prie de se bien porter et de ne point s'inquiéter sur mon compte. Je voudrais bien savoir pour qui ma tante prend la Providence, »

:ette lettre, dont nous ne donnons que des extraits, la dernière écrite avant de quitter la France, nous montre l'état d'esprit et les soucis d'affection où se trouvait Bougainville au moment du départ. L’inquiétude de la santé des siens, y compris M"° Hérault, et les préoccupalions de son avenir académique devaient le poursuivre ainsi tout du long de la campagne.

« Dame Licorne », où venaient de s'embarquer Montcalm et son aide de camp, mit à la voile le 3 avril à cinq heures du soir, escortée du

1. Prault, quoique imprimeur de profession, ne figure évidemment ici qu’en qualité de relieur, les éditeurs de la deuxième partie du Calcul intégral étant Guérin et Delatour.

2. George Parker, deuxième comte de Macclesfield, 1701(?)-1764.

3. « J'ignore aussi quel est aujourd'hui le sort de Vivant, ce Français qui est revenu de Londres après moi, et s’il est loujours avec le chevalier de Vatan » (Bougainville à son frère, 7 nov. 1756).

4. Clairault, en relations avec Lord Chesterfeld, venait précisément de passer quelque temps à Londres (Chesterfield, Lettres, 1°" janv. 1753).

5. M'e de Bougainville, sœur de Pierre-Yves, qui avait élevé ses enfants après la mort de leur mère.

6. « Vous sa eZ que nous mimes à la voile le 3 avril, à cinq heures du soir,

ureux ÉvÉne= là des e mon ieu de 16 fait 0 cons faibles lésirer nt. Le st très mi du m'ap- N'ouites-le e pour rez un l] à la Aylord t huit ferez Clair moi, impte.

rnière et les épart.

et les ainsi

1 aide ée du

qu’en | étant qui est atan »

passer nfants

1 Soir,

a Lu

sn is

Héros, qui partageait les troupes de renfort avec l’Illustre et le Léopard, chargés respectivement d'accompagner les autres frégates, la Sauvage et la Sirène, se suivant à quelques heures de distance, avec le reste de l'état-major, Montcalm, dans une lettre pittoresque, a raconté la traversée, qui fut bonne, sauf un violent coup de vent de quatre-vingt-dix heures pendant la semaine sainte.

« Les premiers jours de notre navis ation furent admirables, » — raconte Bougainville à son frère, — « beau ciel, belle mer, bon vent, qui, sans être trop fort, nous faisait faire un grand chemin. Nous rencontrâmes fort peu de vaisseaux de guerre anglais, et aucun de ceux que nous rencontrâmes ne nous donna chasse, Le mercredi saint nous etions, par notre estime, aux accores du grand banc... Là, nous fûmes accueillis d'un coup de vent qui nous a menés battant jusqu’au jour de Pâques. Force nous fut d'abandonner {e Héros, qui, étant beaucoup plus gros que nous, soutenait par conséquent beaucoup mieux et la lame et le vent, de faire vent arrière en courant vers la Martinique, de ne laisser qu'une seule voile dehors, avec laquelle, toute seule, nous fimes 87 lieues en vingt-quatre heures, en surmontant des lames plus hautes que notre navire... Enfin, le jour de Pâques vint, et avec lui un beau soleil, un temps et une mer calmes, une chaleur d'été... Depuis, nous avons presque toujours eu vent favorable. Nous sommes entrés dans Québec le trente-huitième jour après notre départ [12 mai], traversée d'une brièveté incroyable presque, si on fait attention à près de 400 lieues que nous avons fait en fausse route et à un séjour de six jours à neuf lieues de Québec, auprès d’un endroit de la rivière qu’on nomme la Traverse. »

Rigaud de Vaudreuil, frère du gouverneur, « sauvé par ruse l'automne dernière des prisons d’Angleterre!, » demeuré sur le Héros, élait même entré dans Québec trente jours après sa sortie de Brest.

Bougainville descendit chez son cousin de Vienne, marié à une jeune Canadienne, et l’un des fonctionnaires de la colonie. Après un repos de dix jours, le 22 mai, Montcalm se mit en route pour Montréal en chaise de poste, pendant que Bougainville suivait en canot. Il ne put assister à la première rencontre du gouverneur et du général; mais bientôt il eut le plaisir, flatteur pour un novice, d'imaginer leur entretien et de deviner le premier plan de campagne, d'où allaient sortir tant d’animosités.

de conserve avec le Héros » (Bougainville à son frère, 4 juin 1756). Le Ch® de Lévis écrit au Mi de Paulmy, le 5 avril, que le départ de La Licorne a eu lieu à cinq heures du matin (Lettres, p. 8). Quant au Journal de Montcalm, reproduit par l'abbé Casgrain (1, 40), il serait nécessaire d’avoir le texte complet pour s'y reconnaître : « Le 2 avril, comme les vents parurent décidés au nord-est, on résolut de partir le vendredi, » Or, le 2 avril était précisément un vendredi.

Page 1