‹ La jeunesse de Bougainville et la Guerre de sept ans [microforme]Chapitre 47 sur 113 · MA RS · texte numérisé non relu

MA RS

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« Croira-t-on en Europe que les sauvages ne sont pas seuls coupables de l’horrible infraction de la capitulation; que le désir d’avoir les nègres et autres dépouilles des Anglais a déterminé les gens qui sont à la tête de ces nations à leur lâcher ia bride, peut-être même à faire plus; qu’on voit aujourd’hui un de ces chefs, indigne du nom d’officier et de Français, promener à sa suite un nègre enlevé au commandant anglais, sous le prétexte d’apaiser les mûnes d’un sauvage tué, en donnant à sa famille chair pour chair? C’est assez parler d’horreurs dont je voudrais que le souvenir püût être effacé dans la mémoire de tous les hommes. Heu! Fuge crudeles terras, fuge liltus iniquum 1. »

A cette déposition, où Bougainville parle surtout de ce qu'il a vu de ses yeux à Montréal, l'abbé Casgrain oppose le témoignage de Désandrouins et du P. Roubaud, ainsi que d’autres plus vagues, mais tous également unanimes à déclarer que chacun, dans la circonstance, fil son devoir. La vérité absolue n’est pas facile à connaitre. On ne saurait, croyons-nous, faire abstraction cumplète des témoignages anglais; car, si les Anglais ont un intérêt évident à nous charger, nous avons un intérêt non moindre à repousser l'accusation. Et, comme on ne peut admettre qu'il y ait une vérité patriotique et différente pour chaque bord de la Manche ou de l'Atlantique, on est forcé de chercher une solution qui s’accommode du pour et du contre. Les dépositions des Anglais sont trop précises pour n'avoir pas un fond de réalité ?. De notre côté, toutefois, les preuves immédiates, circonstanciées, qui les appuient semblent décidément absentes*.

la ville, sous les peines les plus sévères, de vendre de ja boisson aux sauvages; mais il se contredit lui-même en aGrneltant que Vaudreuil avait dû racheter à ce prix les Anglais. À quoi eût servi cette défense, puisqu'il avait à l’enfreindre lui-même? » (I, 298). — Tout au contraire : Bougainville n'admet pas qu'on rachète les Anglais capturés déloyalement. 11 veut qu'on prenne les sauvages par la famine, — ou mieux par la soif, — pour les obliger de rendre les prisonniers gratis. Vaudreuil ne devait-il pas, du reste, écrire au ministre, quelques jours plus tard, que les sauvages, comprenant leur faute, avaient ramené à Montcalm 400 prisonniers, « avec les plus grandes soumissions et les plus grandes excases de la part des chefs? » (Dussieux, p. 245-246),

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