FE MR RARES
« Peut-être n’ai-je pas le sens commun... quand je raisonue, mais les faits que j'expose sont exacts, et le ministre de la marine doit vous avoir obligation d'être instruit par vous de vérités qu'autrement il lui serait difficile de savoir. Il est essentiel que les différents mémoires que je vous adresse lui soient remis directement et que les bureaux n'en aient ni connaissance ni soupçon. Il est de leur intérêt d’étouffer cette timide vérité, et jusqu’à présent ils n’ont que trop réussi!. »
Parmi ces mémoires, il en était un qui ne manquait pas d'originalité, pour s'emparer de la baie d'Hudson.
« M. de Maurepas avait cette entreprise fort à cœur. Tous les officiers de cette colonie la désirent. M. Bigot m'a chargé de dire qu’il l’approuvait et que l'intérêt du pays demandait qu’on la fit. Vous lirez le projet, et j’ajouterai la réflexion suivante. Je ne pense pas que les autres puissances voient d’un coup d’œil tranquille Minorque entre nos mains. Prenons la baie d'Hudson : à la paix alors nous la gardons ; personne ne peut s'établir à Chouaguen qui est détruit; le fort Duquesne et la Belle-Rivière nous restent; les Apalaches forment de ce côté la limite; nous rendons Minorque aux Anglais, qui nous rendent en échange l’Acadie. Pour lors, nous aurons fait une belle paix et tiré parti de la guerre sans donner d’ombrage aux puissances de l'Europe. Si ce projet était mis à exécution, je demanderais à en être : un brevet et le com= mandement des troupes de débarquement ou bien le détail de ces troupes sous le chef d’escadre ou le capitaine de vaisseau le plus ancien. Je ne redoute ni les glaces ni les Anglais. Nous réussirions. Mais, de quelque façon que la chose tournût, j'ose vous répondre que vous n’auriez point à rougir de votre enfant. Pour officier d’artillerie, le sieur de Monbeillard, excellent officier du corps royal, détaché en Canada, ou le sieur Jacquot, lieutenant dans la compagnie des canonniers de la colonie?, »
Après le chapitre toujours abondant des mémoires et projets, vient celui non moins important des sollicitations, car Bougainville termine rarement une lettre sans solliciter pour nombre de gens, et ses recom-
1. Il faui se garder de croire que les bureaux de nos colonies aient changé de procédés depuis l’Ancien Régime. Maintenant encore on est obligé de transmettre directement au ministre des documents essentiels par voie détournée (le commandant Fournier à l’amiral Courbet, 1° janvier 1884, lettre publiée dans le Figaro du 7 août 1895).
2. On sait que le projet fut mis à exécution par Lapérouse, en 1782, à la tête d'une escadre où commandaient sous ses ordres MM. Fleuriot de Langle et de la Jaille, et dont M. de la Monneraye nous a conservé les souvenirs dans son journal de bord (amiral de Langle, Rev. mar. et col., avril 1889). — M. Justin Winsor fait ressortir l'importance que l’on attachait alors à la Baie d'Hudson, moins pour le commerce des pelleteries que dans l'espoir d’y prendre appui pour découvrir le fameux passage du nord-ouest (Struggle in America, p. 2).
cé PIRE be mare, na
chars 9
pois rire dt trs