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mandations sont consciencieuses. Pour le sieur Jacquot, par exemple, après en avoir développé tout au long les mérites, il ajoute : « Je compte rendre un service à l’État, en faisant connaître cet homme aussi vertueux que bon militaire. » Mais surtout il s'intéresse à son ami Marcel, le troisième aide de camp de Montcalm, dont il parle en ces termes :
« Je vous recommande toujours mon camarade Marcel pour qu'il ait les mêmes appointements que moi. Il n’en a aucunsetilen mérite beaucoup, car il est pauvre et est fort utile à mon général ; je dirais volontiers plus utile que moi! Le bonhomme Pellegrin compte toujours sur vos bontés; vous verrez qu'il est de moitié dans le projet de la Baie. J'ai fait une tournée avec lui pour reconnaitre la défensive dont les deux rives du fleuve sont susceptibles. Il m'a enchanté. C’est toujours le même homme; il ne lui manquait, pour être parfait à mes yeux, que de vous avoir vue. Tous mes recommandés n’ont pas été aussi heureux. J'avais donné une lettre pour vous à cet infortuné La Rigaudière. Son aventure? m'a tellement effrayé que j'ai impitoyablement refusé des lettres à tous ceux qui, en partant d'ici, m'en ont demandé. Que sais-je, moi, s’il ne leur prendra pas la fantaisie de faire quelque grosse sottise ? J'ai cependant excepté le P. Bonnecamp, que mon frère vous présentera.
1. « Je vous conjure, ma chère maman, de vouloir bien vous intéresser pour les lui faire obtenir de M. de Moras tels que je les ai. C'est un bon sujet, qui sert ici très utilement, qui d’ailleurs n'a rien. Enfin, c'est mon carnarade, et je serais enchanté qu'il vous eût cette obligation » (4 Mme Hérault, 30 juin 1757). Marcel était un ancien sergent qui n'avait de traitement que ce que lui dornait Montcalm. « N'allez pas croire, Madame, » écrivait celui-ci le 10 septembre 1757, « que je suis un général européen qui met dans sa poche la paie de ses aides de camp. Je fais mieux ; je paie le troisième de ma poche jusqu'à ce qu'il plaise au ministre de lui donner des appointements. » Lévis également employait pour le sien le crédit de Bougainville. « Je vous demanderai la même grâce pour M. de Fontbrune, capitaine au régiment de la marine, qui sert d’aide de camo à M. le Che" de Lévis. M. de Lévis écrit une lettre à Monsieur de Moras pour le demander, que je joins ici, en vous priant de l’appuyer de votre recommandation » (lettre du 30 juin 1757). Mais Fontbrune mourut avant d'être admis à émarger (lettre du 8 novembre). L'abbé Casgrain, dans une intention que l'on appréciera bientôt, néglige soigneusement d'indiquer ce rôle de solliciteur général que Bougainville remplissait pour tout le monde. — Il ne faut pas oublier qu'en Angleterre le traitement des officiers était aussi réduit au minimum. Wolfe conseillait à Lord Shelburne de vivre sur sa pension de jeune homme et d'emprunter au besoin pour abandonner sa solde à ses camarades nécessiteux.
2. Sur la mésaventure de La Rigaudière, qui était reparti en 1756 pour la France, chargé de recommandations et d'un petit castor à remettre au ministre, voir coll. Faucher de S'-Maurice, t. IV, p. 81; Luynes, t. XV, p. 218-219, et Montcalm à Bourlamaque, 10 juin 1757.
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