Montcalm and Wolfe. 1bid., 2? vol
7. À Half-Century of Conflict. Ibid., 2 vol. L'éditeur anglais de cette œuvre complète est aujourd'hui Macmillan.
8. Les deux premiers volumes de la série, Les Pionniers et'les Jésuites, ont
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Comme écrivain, Parkman est de l’école de Macaulay, avec moins de profondeur, moins d'éclair philosophique et peut-être un peu d'excès dans le brillant de la surface. Ses personnages ont une grande intensité de vie; ses paysages sont, parait-il, d’une justesse charmante. On y sent toute l’ardeur du poète dans l’enchantement de son rêve; eb le lecteur ne saurait oublier, après l'avoir vue par les yeux de l’historien, cette nappe de verdure sauvage, ce flot de végétation triomphante, qui recouvre de son ombre humide toute la région des Alleganies, dont elle suit el dessine les anfractuosités, ne s’ouvrant que par instants pour laisser étinceler au soleil le miroir des lacs. Mais l’enchantement de la forêt et l’amoncellement de ses dossiers bornent l'horizon de l'écrivain, l’empêchent de porter au delà ses regards et de juger la politique métropolitaine avec la rnème sagacité que les dissensions internes des colonies. Il a, sur le gouvernement français, les vues un peu restreintes que donne une lecture superficielle du Précis de Voltaire sur le règne de Louis XV. Il garde contre l'Ancien Régime les rancunes libérales, passablement démodées, que l’on trouve chez nos historiens à la mode de 4830, et qui se doublent chez lui des convictions austères d’un purilain. 3e n’était pas qu'il eût une sympathie bien profonde pour le mouvement démocratique, dont il ne se cachait pas, dans sa correspondance, d'appréhender le caprice !. Mais le risque des maux à venir ne lui a jamais inspiré cet indulgent scepticisme que nous professons aujourd’hui volontiers et qui nous semble une condition indispensable de la vérité dans les appréciations politiques. D’ailleurs, les travaux récents sur le règne de Louis XV lui étaient peu connus ?. Le chan-
seuls été traduits en français (Paris, Didier), l’auteur ayant refusé l'autorisation de continuer ce travail parce que le traducteur s'était permis des modifications et retranchements contraires à l'esprit de l'ouvrage. Parkman, comme il en avait le droit, voulait être traduit intégralement, sauf à laisser introduire en note les observations et rectifications que le traducteur jugerait utiles. Un nouvel interprète s'était offert dans ces dernières années, et l'historien avait accepté son concours. Mais, nous ne savons pour quel motif, la proposition n’a pas eu de suite. Toutefois, si l’on doit un jour publier ses œuvres en notre langue, il sera prudent de vérifier les textes originaux ‘qu'il cite, parce que, fréquemment, sans prévenir le lecteur et sans changer le sens d’un document, il le résume ou lui fait subir de nombreuses coupures.
1. Il à, du reste, écrit sur la « Faillite du suffrage universel » un article mordant publié dans la North American Review de juillet-août 1878 et longuement analysé dans la Revue britannique de mai 1879.
2. Le mouvenent d'échange scientifique est encore fort insuffisant. Notre Bibliothèque naticnale ne possède même pas les publications de la Société historique de Québec. Et, lorsqu'on eut avisé Parkman des premiers travaux du duc de Broglie sur l'alliance autrichienne, il fallut directement lui envoyer
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gement de front diplomatique qui mit la France aux côtés de l’Autriche, pendant la guerre de Sept ans, est toujours resté pour lui l’un des faits les plus condamnables de l’ancienne monarchie, malgré les explications très naturelles qu'on en peut offrir !. Néanmoins, l’œuvre de Parkman traduit un effort précieux d'impartialité. La preuve est qu'elle a rencontré des adversaires dans les deux camps. Canadiens et Néo-Anglais l’ont également et chaleureusement critiquée en des sens très divergents, mais avec un égal froissement d’amour-propre. Quoi que l’on publie à l'avenir, il ne sera pas difficile de la tenir au courant et de la mettre au point, moyennant quelques retouches légères.
Le plus bruyant de ses contradicteurs a été jusqu’à ce jour l'abbé Casgrain, professeur à l'Université Laval de Québec, l’un des écrivains les plus féconds du Canada français. L'abbé Casgrain appartient à la catégorie des écrivains patriotes; et, quand le patriote se double d’un Canadien, son patriotisme est deux fois plus nerveux ?.
l'étude sur les Mémoires de Bernis, Le Correspondant, où elle avait paru, ne se trouvant dans aucune bibliothèque à sa portée,
1. Nos ofliciers de l’armée canadienne, toujours aux prises avec l'Anglais, ne s'inquiétant que de le détruire et ne se souciant ni de l’Autriche ni de la Prusse, ne comprenaient rien à ce changement. « Tout cet argent consommé à relever la maison d'Autriche, à détruire tout équilibre dans l'Allemagne et le Nord, n’eûüt-il pas mieux été employé à écraser par une forte marine la marine anglaise, ses comptoirs et ses colonies ? » (Bougainville, Journal, 15 oct. 1757). M. Maurice Fallex, dans son Introduction au Précis du règne de Louis XV (Paris, Colin, 1893, p. xvu-xvin), reproche à Voltaire d’avoir trop vite répondu en appliquant à la France le vers de Virgile :
Non illi imperium pelagi.
Mais Voltaire avait raison contre Bougainville et les autres critiques. La moindre réflexion montre que l'Angleterre, pouvant se consacrer entièrement à sa défense maritime, saura toujours remplir son programme d'avoir une flotte égale à deux autres flottes quelconques de puissances européennes et nous créera facilement, par ses s'ibsides, des diversions sur nos frontières orien- {ales, pour nous contraindre à détourner une partie de nos forces, ainsi qu’elle le faisait sous Louis XV (Fallex, p. 66-67; cf. capitaine Mahan, Influence of sea power upon history, Londres, Sampson Low, 1889; Influence of sea power upon the French Revolution and Empire, ibid., 1893, Les ouvrages du capitaine Mahan, ancien directeur de l'École navale des États-Unis, sont de premier ordre à consulter. La Revue maritime et coloniale vient d'en commencer la traduction, mai 1894 et numéros suivants).
2. Le P. Sommervogel avait observé déjà que « les historiens canadiens, par exemple M. Garneau, font honneur au marquis de Vaudreuil de toutes les entreprises gloricuses qui ont signalé les armes francaises » (p. 77, note 1). Ils vont même plus loin. Mais, ajoute un autre écrivain de la même compagnie : « pour faire peser sur un homme honorable [comme Montcalm] des soupçons d'intentions basses, d’intrigues, d’ambition ou de patriotisme équivoque, en
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Les historiens patriotes ont leur intérêt, Ils écrivent en avocats ; et, remarquait naguère la Yale Review, ils mettent en ligne tous les arguments de leur cause avec une ardeur que ne déploiera jamais l'historien de sang-froid'. Encore ne faut-il point qu'ils oublient la mesure propre de leur rôle; el certainement ils la dépassent quand ils se targuent trop d’impartialité, lors même qu'ils se feraient, suivant l'ordinaire, illusion sur leur justice. Soumis d’ailleurs au traitement d’une critique défiante, les droits de l’abbé Casgrain à figurer comme l'historien national de la Nouvelle-France se réduisent souvent à de simples prétentions, en dépit de sa popularité d'écrivain. Ce sont, en définitive, les œuvres de Parkman qui ont inspiré les meilleures des siennes, et nous doutons qu’il garde le dernier mot. Pourtant, à cause de sa réputation locale, et aussi pour des motifs personnels sur lesquels nous nous expliquerons plus loin, nous sommes obligé de lui accorder une attention dont nous nous excusons aussitôt en réclamant l’indulgence du lecteur.
L'abbé Casgrain a rencontré, dans ses objections et protestations contre Parkman, une fortune assez rare. L’historien de Boston avait eu le tort ou le malheur de se fier à une publication de la Nouvelle- Écosse, qui promettait d'offrir les documents essentiels sur la triste affaire des Acadiens. En réalité, les documents étaient tronqués pour une bonne part, et l'on avait essayé de dissimuler, par un nouvel acte de foi mauvaise, les traits de mauvaise foi positive commis un siècle auparavant?. Les recherches de l'abbé Casgrain lui firent découvrir à Londres les originaux ou les copies intégrales des docu-
présence d'une vie publique où se révèle à chaque pas une âme noble, élevée, un esprit droit, judicieux, et un cœur animé d’un héroïque dévouement, il faut plus que des conjectures, et surtout il faut d'autres preuvre que les accusations intéressées de quelques esprits prévenus ou pervers » (R. P.F. Martin, le Marquis de Montcalm et les dernières années de la colonie française au Canada, 3° éd, Paris, Téqui, 1879, p. 8). La publication des papiers de Montcalm confirme absolument cette impression favorable.
1. Novembre 1892, p. 246. Du reste, parmi les historiens patriotes du Canada, ni Garneau ni l'abbé Ferland, les plus connus, ne dépassent l’honnête moyenne du parti pris, et rien n'autorise à mettre en doute leur sincérité. La dernière édition de Garneau est, croyons-nous, la quatrième (Montréal, Beauchemin et Valois, 1882, 4 vol.). Les trois premiers volumes renferment l'Histoire du Canada, et le tome IV contient une biographie de l'auteur par M. Chauveau, qui rectifie déjà certaines exagérations de l'historien. La deuxième édition de l'abbé Ferland (Cours d'histoire du Canada, ? vol. Québec, N. S. Hardy) a paru également en 1882.
2. Selections from the public documents of the province of Nova Scotia. Halifax, 1869. Cf. Parkman, Montcalm and Wolfe, t. I, ch. 1v et vin.
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ments signalés. Il s'en servit pour écrire son Pèlerinage au pays d'Évangéline!, qui rétablit en son entier le dossier à charge des agents de l'Angleterre. Mais il faut se garder de prendre déjà ce livre pour l'expression de la vérité, Gomme l'exprimait fort bien la Nation, de New-York, à propos de l'ouvrage : « L'auteur excelle à ne trouver dans les documents que ce qu’il y veut lire?. » Et, si l'abbé Casgrain a démontré péremptoirement que l’on avait employé des procédés injustifiables pour retenir d'abord les Acadiens en Acadie, pour les expulser ensuite, il n’a pas détruit l'argumentation de Parkman, que, souvent aussi, l’on avait employé du côté de la France des procédés discutables pour les tenir en état d’hostilité permanente contre l’Angleterre, quand ils ne demandaient qu'à vivre paisibles autour de leur clocher. Bien mieux, il a publié lui-même ailleurs des documents qui montrent que les officiers français de l'entourage de Montcalm ne se faisaient pas grande illusion sur la neutralité politique et professionnelle des missionnaires en Acadie #. L'abbé Casgrain passe légèrement sur les faits et gestes de l'abbé Le Loutret. Puis il se redresse en demandant si les missionnaires manquaient à leur devoir quand ils essayaient d’entretenir leur troupeau dans l'amour de la France et le respect de son roi. Nous nous garderons de traiter ici