éd. Paris, Cerf
2. « Abbé Casgrain possesses in a supreme degree the confortable gift of finding in his inquiries nothing but what he wants to find » (14 mars 1889). Mais, à son tour, {a Nation avait le tort d'ajouter que, sans le poème de Longfellow, personne aujourd'hui ne s’intéresserait aux Acadiens, On pourrait aussi bien dire que, sans Homère, personne ne s'intéresserait aux ruines de Troie. Il n'importe que le sujet possède un intérét captivant par lui-même ou soit magnifié seulement par une évocation géniale, si les recherches poursuivies à l'entour nous font aussi bien pénétrer les lois de l’histoire et les œuvres de la civilisation.
3. « Les missionnaires des sauvages, qui avoient bien plus d'autorité en temps de guerre qu’en temps de paix, se trouvant intéressés à troubler l'harmonie en cherchant à se rendre nécessaires, parvinrent à persuader au gouvernement que l’on pourroit sans se compromettre faire déguerpir les Anglois de toute l'Acadie en faisant intervenir les sauvages comme vrais propriétaires, etc. » (Journal de Lévis; Collect. des mss. du maréchal de Lévis. Montréal, Beauchemin, 1889, [, 35-36). Comme nous le verrons, l'abbé C. fait un cas exceptionnel de l'opinion de Lévis. « Les Acadiens, » écrit Bougainville dans son journal, à la date du 1°" novembre 1756, « n'ont ni farine ni biscuit : on leur en va envoyer; mais, s'ils en manquent, je doute que l'enthousiasme du P. Germain, missionnaire, qui est à leur tête, puisse en empêcher le plus grand nombre d'aller se jetter entre les bras des Anglois, quelques conditions qu'ils leur imposent. »
4. « L'abbé Le Loutre, dont la conduite fut inexcusable à certains égards, et qui s’attira les justes reproches de son évêque... » (Évangéline, p. 100).
5. 1bid., p. 57-101. « Les Prussiens de nos jours tiennent une main de fer sur
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la question, d’une extrême délicatesse, qui va probablement être reprise par un nouvel historien dans des conditions d'indépendance que ni Parkman ni l’abbé Casgrain ne pouvaient offrir. Nous nous bornerons à faire observer qu’un Anglais, d'autre part, demandera peut-être si l’objection de Lord Cornwallis, — que la plupart des Acadiens, en 1755, étaient nés sous le drapeau de l'Angleterre et n'en avaient jamais connu d'autre, — s'écarte beaucoup des vues prudentes que le Saint-Siège cherche à faire prévaloir dans les rapports des citoyens de notre temps avec les gouvernements établis', De toute façon, ce serait le cas de faire intervenir un peu de cette psychologie qui doit un jour, nous l’avons dit, envahir le domaine de l'histoire. Nous, qui avons été malheureusement témoins d’une cession de terriloire, nous savons comment les choses se passent. Le vaineu stipule du vainqueur le droit pour les habitants de la province conquise de se retirer où bon leur semble et de n'être point cédés comme des serfs attachés à la glèbe. Le vainqueur, dans la joie première de son acquisition, accepte sans méfiance et d’ailleurs se persuade que peu de gens useront de l'autorisation pour fuir leur foyer par sacrifice patriotique. Pourtant, au premier moment, dans l’amertume de sa défaite, la population fiévreuse semble vouloir émigrer
le clergé de l’Alsace-Lorraine; mais qui songe à faire un crime à celui-ci de rester fidèle à la France et d'entretenir le peuple dans e sentiment? » Le rapprochement n'est pas heureux; car les Allemands ont débuté par expulser les Jésuites au grand scandale de tous les patriotes (Edmond About, L'Alsace. Paris, Hachette, 1872, p. 341-342); après quoi, progressivement, ils ont éliminé l'influence du clergé local en le remplaçant par des prêtres immigrants ou ralliés, ce que les Anglais justement s'étaient proposé de faire en Acadie, dès 1720. (Parkman, Half-Century of Conflict, I, 195; Monicalm and Wolfe, I, 107-108.) Enfin, le traité de Francfort était trop précis pour laisser au clergé d'autre mission patriotique que d'entretenir les fidèles dans le souvenir de la France et l'espoir d’un retour heureux; tandis que le traité d'Utrecht offrait matière à débat, Et, si le clergé sur certains points pouvait se croire en état de légitime propagande contre l'Anglais, celui-ci, par contre, pouvait se croire en état de défense non moins légitime contre les missionnaires.
14, Cf. Parkman, I, 97. M. Rameau de Saint-Père critique amérement la théorie « que ce n’est pas le serment qui crée les devoirs du sujet, mais le fait même de la sujétion qui les impose, » suivant la remarque de Cornwallis aux délégués des Mines, le 17 septembre 1749 (Une Colonie féodale en Amérique, l'Acadie. Paris, Plon, 1889, t. II, p. 140). Nous n'entendons pas discuter ce cas de conscience, même à la lumière des dernières encycliques papales. Muis, pour bien saisir le nœud du litige, il faudrait, croyons-nous, se reporter plutôt à l'annexion du Schleswig-Holstein qu’à celle de l’Alsace-Lorraine el se demander si l'Allemagne tolérerait, vers 1905, que des missionnaires danois vinssent soulever la population des duchés en réclamant l'exécution du traité de Prague.
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éliminé ou ralès 1720.