‹ La jeunesse de Bougainville et la Guerre de sept ans [microforme]Chapitre 64 sur 113 · RARE · texte numérisé non relu

RARE

Arrivé le 80 à Carillon, Bougainville reçut son brevet d'aide maréchal des logis, quatre jours avant la bataille. Nous ne raconterons pas l'affaire d’après le récit qu’il en donne en bonne forme. Il fut blessé d'un coup de feu à la tête, blessure sans danger, dit-il, en s'inscrivant à sa place hiérarchique dans la liste des blessés, quoique, quinze jours après, la tête le fit encore beaucoup souffrir et que les médecins, qui le traitaient avec la pierre infernale, jetassent les hauts cris dès qu'il s’avisait de toucher une plume‘. Mais, au tableau sérieux de l'affaire il ajoute en appendice quelques observations malicieuses. Il les accompagne, comme toujours, de citations classiques pour montrer l'importance à ses yeux de la victoire de Carillon et le risque personnel où se fût trouvé Montcalm s'il avait perdu la partie, « Dans cette occasion nous avons dû nous rappeler ce mot de César : « Jusqu'à présent, j'ai combattu pour la gloire, mais «aujourd’hui pour la vie, » 1! n'y avait pour nous ni retraite ni quartier : ou vaincre ou périr. » Et plus loin :

« Tout homme qui aspire au commandement des armées doit, en entrant dans cette carrière, se bien graver dans l'esprit cette vérité parfaitement exprimée par Tacite : /niquissima hæc bellorum conditio est, prospera omnes sibi vindicant, adversa uni imputantur ?, »

Suivent quelques anecdotes.

« Au commencement de l'affaire, il a fallu que le sieur de T. fût tirer, de dessus le rempart de Carillon, sur un grand nombre de Canadiens

Le 3 septembre, Abercromby lui envoie une gazette de New-York, en date du 28 août, racontant la prise de la place. Bougainville refuse d'y croire. « Selon eux, Louisbourg s'était rendu le 26 [juillet] pour ainsi dire à discrétion et, suivant des lettres que nous en avons du 24, la place n'était encore battue que de 200 toises; on avait fait des coupures pour soutenir l'assaut ; toutes les rues étaient barricadées, les maisons crénelées, le quai fortifié, tout enfin annonçait la résolution de vaincre ou de périr. » Bougainville ne s'avoua battu que le 6, après nouvelles reçues de Québec, Mais il n’en reste pas moins que son opinion sur Prévost concorde avec celle de Johnstone, de même que celle de Johnstone sur Drucourt et l'ingénieur Franquet s'accorde avec celle de Montcalm : « Je voudrais aussi y être à ce Louisbourg, ou un officier principal. Puis-je dire à la sœur du Ministre de la marine que je n'ai foi ni au gouverneur, ni au commissaire, ni peut-être même à l'ingénieur si vanté? » (A M Hérault, 13 septembre 1757). Ces détails expliquent, sans doute, l'opinion sévère qui régnait en haut lieu. — Pour la bibliographie du siège, voir Bourinot, Historical und descriplive Account of the Island of Cape Breton. Montréal, Foster Brown, 1892, app. IX et X.

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