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« Mon camarade est maintenant à l’armée d'Allemagne, et l’inquiétude n’est pas propre à rétablir la santé. Donnez-moi, je vous prie, de vos nouvelles, ou m'en faites donner par toutes les occasions. Je le mérite, ma chère maman, et que vous m'aimiez{, »
Dans cette lettre, Bougainville annonçait que la campagne nouvelle allait être décisive et, de façon ou d'autre, le rendre au monde qu'habitait sa « belle maman. » Il ne se trompait guère. Les incidents militaires qui se déroulèrent autour de Québec durant l'été de 4759 sont aujourd'hui parfaitement et tristement connus. Bougainville, non plus en qualité d'aide maréchal des logis, mais de colonel à la suite des troupes de terre, « ce qui lui valait infiniment mieux, » fut chargé tout d'abord avec Malartic et Pontleroy, sitôt son retour à Québec, le 22 mai ?, de reconnaître les positions bonnes pour asseoir des camps”, puis de commander les travaux au delà du S'-Charles *. Lorsque l’ennemi parut, il eut à surveiller, avec le bataillon de Languedoc, l’exécution des ordres du M' de Vaudreuil dans la partie qui s’étendait du ravin de Beauport à Québec. Pendant cette première moitié de la campagne, son rôle fut de seconder le gouverneur. « Je n'ai pas besoin de vous dire, » lui écrivait Montcalm le 44 juillet, « que, si vous n’éliez pas occupé vis-à-vis de vous et que nous fussions attaqués en règle, il faudrait faire un mouvement pour nous soutenir ou favoriser, en cas d'événement malheureux, notre retraite. » En même temps, Montcalm épanchait ses amertumes. « Vous n'ôteriez pas de l'esprit méchant et calomniateur du pays qu'il y a plus de poudre