Volontaires aux ordres de La Rochebeaucourt
2. Note détachée, « du camp de Lorette, » 21 septembre 1759, « Nous avons vu, par la déposition des prisonniers faits au sud, que vous avez fait plus de mal aux Anglais que vous ne comptiez » (Bigot à Bougainville, 16 août), — « Les déserteurs [que l'on venait d'amener du camp de la Pointe-Lévis] disent... qu'ils ont perdu, tant tués que blessés, jusqu'à ce jour, 1,300 hommes, que votre affaire leur en coûte 130 » (1d., 17 août). — Kingsford avoue que l'ennemi fut repoussé « with much loss, » quoiqu'il estime exagéré le chiffre de 200 tués et autant de blessés indiqué dans le Journal de Panet (IV, 257).
3. 8 août, neuf heures du soir. — Il est, dès lors, évident que les Anglais n'avaient point paru le 7 dans le voisinage de Jacques Cartier. « Avez-vous gagé les Anglais ou encloué [leurs troupes] sur vos parages? » écrit-il encore le lendemain. « Ah! si un bon vent de nord-est me les poussait demain matin et que je pusse en jouer à la paume avec vous, au moins cela charmerait mon ennui. Mais! »
4. Ce fut leur installation à St-Antoine, dont le commandant s'était d'ailleurs replié dès la veille (Hertel de Cournoyer à de Blau, 9 août, onze heures et demie ; le méme à Bougainwille, 10 août, midi et demi; Vaudreuil à Bougainville, Thisbé de Belcour au même, de Blau au même, 10 août ; Vaudreuil au méme, |1 août).
5, On lui envoya des Canadiens de la bonne espèce, des « Montréalistes » (Marcel à Bougainville, 14 août), — Cette partie des opérations, en amont de Québec, est, pour son importance moindre, généralement négligée des historiens. Parkman et l'abbé Casgrain en parlent sommairement. Parkman, du reste, n'avait pas à sa disposition la correspondance de Bougainville, et l'abbé Casgrain préfère, selon son usage, suivre Parkman. Cependant, indépendamment
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posa même à Bougainville de profiter du passage de 800 hommes, qu'on envoyait à Montréal, pour essayer cette nuit même une descente, en face de Jacques Cartier, sur le côté sud, afin de prendre l'ennemi de flanc et l’obliger à se replier sur la Pointe-Lévis!. Mais l'opération n'eut pas lieu. À son tour, Bougainville proposait à Vaudreuil de faire attaquer les navires anglais par quatre de nos frégales; mais le gouverneur objectait que l'issue du combat semblait trop chanceuse?, Puis, on commençait à se débattre contre l’une des grandes gênes qu'allait éprouver la défense, la désertion des Canadiens, Ges braves gens, assurément, « ne parlaient point de rendre les armes, » — en quoi l’on n'aurait pas tenu compte de leur désir, — mais volontiers ils désertaient?, et, nous le verrons bientôt, l'abbé Casgrain, sans scrupule, leur en donne l’absolution. Pris entre les Canadiens et les sauvages, le spirituel commandant de Jacques Car-
des renseignements que nous offre cette correspondance sur l'état d'esprit journalier des chefs de l'armée française, il reste quelques points à éclaircir; Parkman (If, 263) et l'abbé Casgrain (IH, 197) racontent une seconde descente où les Anglais seraient tombés dans une embuscade de Canadiens. S'agit-il de la seconde descente du 8 à la Pointe-aux-Trembles? Mais il semble qu'elle ait eu lieu sur le même terrain que la première; or, l'abbé Casgrain met la sienne une lieue plus bas. Est-ce une opération différente survenue entre le 8 et le 19? Bougainville n'en dit rien. Nous ne voyons en ce genre que la descente des Anglais, dont nous venons de parler, le 10, près de la Pointe-aux-Bouleaux, sur la côte sud, descente que le commandant Hertel de Cournoyer raconte en ces termes : « À six heures du matin, » écrit-il dès midi et demi, « trente berges sont venues mettre pied à terre. J'ai disposé de mon mieux le peu de monde que j'avais. Je les avais divisés en trois corps. J'étais à celui du centre. J'avais bien recommandé à mes deux gardes de droite et de gauche de m’avertir, lorsqu'il [l'ennemi] se rendrait maître de la hauteur, afin de pouvoir avoir ma retraite sûre, ce qu'ils n'ont pas fait. Si, par un coup du ciel, je n’eus regardé à ma droite où j'ai aperçu environ 200 hommes qui s’en venaient nous prendre par derrière, je me serais trouvé enveloppé et prisonnier par conséquent. » Ce jour-là, du moins, s'il y eut embuscade, ce furent les embusqués que l'on prit au piège. D'autres se laissèrent envelopper dans une grange durant leur sommeil : « C’est bien de leur faute de dormir dans un temps où l'ennemi n'est qu'à portée de fusil, »
1. Vaudreuil à Bougainville, 11 août; Montreuil à Bougainville, même date : « Opérez si la chose est possible, mais je ne vous dis pas de faire ni de ne pas faire, »