LE PAPE C L E M E MT VII
On s'étonne, en lisant l'histoire de ces Longues négociations, que les deux plus puissants souverains du inonde attachassent une importance telle à la main de Catherine de Medicis.
A vrai dire, il ne s'agissait point de Catherine ou de son héritage, si incertain : il s'agissait du Pape. Nous avons assez souvent parlé des idées de Clément VII, de ses plans et de sa conduite, pour donner un aperçu de son caractère. Jules de Medicis était un politique de l'école dite de Machiavel, école fameuse et que, depuis, on a ainsi désignée parce que le Secrétaire florentin est celui qui en a résumé, développé, dévoilé les principes et les pratiques avec une vigueur et une manière admirables. Mais, ne
pourrait-on pas aussi bien la nommer l'école de Ferdinand le Catholique ou de Louis XII, lesquels ont mis ces préceptes bien autrement en pratique que l'écrivain qui les a réunis et publiés. Clément YII hésitait toujours entre deux partis. A peine fut-il devenu pape, qu'il soutint en secret alliés contre alliés, et déclara ouvertement que, comme Pasteur du monde chrétien , il ne pouvait favoriser ni les uns ni les autres, mais les exhorter tous ensemble à la paix. Tout d'abord il fut l'instigateur d'une ligue entre l'Empire, l'Angleterre, Milan et Florence, contre la France; pactisa ensuite secrètement avec le Roi par le moyen du Dataire qu'il avait envoyé au camp; puis, après la bataille de Pavie', effrayé de la fortune inouïe de Charles- Quint, et demeurant tout incertain sur ce qu'il devait Faire, il prit cependant le parti de l'Empereur, pour le quitter ensuite au profit du Roi de France, et retourner à lui après le pillage de Rome et l'expédition manquée des Français contre Naples. N'en est-il pas venu de nouveau aux traités avec le conquérant de l'Italie, pour pouvoir plus librement faire connaître aux Florentins le poids de ses ressentiments? Et même après qu'il eut couronné Charles-Quint, et que celui-ci lui
1 Jacopo Pitti, Storia Fiorentina. Archivio storicot t. t.